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Retraite des expatriés : l’interview d’un expert

Ecrit par Emilien FRANCOISE, créateur de Nextbanq
Dernière révision : 21 janvier 2021

Préparer la retraite quand on est expatrié

Compliquée la retraite ?

C'est certainement la réponse des Français quand on les interroge à ce sujet.

Et pour un expatrié, cette impression est multipliée par 10 !

Car si ces derniers ont souvent de très de bonnes raisons pour vivre et travailler à l’étranger, la préparation de la retraite n’en fait pas partie.

De quoi regretter de ne pas avoir fait carrière dans le même pays ?

Dans cet entretien avec Dominique Tissot, conseiller en gestion de patrimoine et expatrié en Amérique du Sud depuis plus de 20 années, nous faisons le point sur les solutions offertes aux expatriés pour préparer leur retraite dans les meilleures conditions.

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Dominique Tissot expert retraite
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Bonjour Dominique, en quelques mots, peux-tu nous résumer ton parcours à l’étranger ?


Dominique Tissot : En 1997, j’ai décidé de quitter la France alors que je dirigeais mon entreprise. Ma femme étant chilienne, nous avons décidé de tenter l’aventure et avons plié bagage.

Je suis arrivé au Chili en tant qu’associé d’une société de gestion de fortune basée à Genève et j’ai commencé à proposer des ouvertures de comptes au Luxembourg et en Suisse pour les expatriés et les non-résidents.

Par la suite, je suis devenu Conseil en Gestion de Patrimoine français et plus tard Courtier international dans le domaine de l’assurance santé et vie aux États-Unis.

Aujourd’hui, je cumule ces trois activités.

Depuis combien de temps conseilles-tu les Français expatriés inquiets pour le montant de leur retraite ?


Dominique Tissot : Cela fait maintenant 23 ans. J’ai eu l’occasion de me rendre compte de la carence d’informations qui existait concernant la prévoyance et la retraite des non-résidents, qu’ils soient expatriés ou impatriés (français ayant créé leur entreprise à l’étranger ou leur cabinet-conseil)

Quelles sont les problématiques qui reviennent le plus souvent ?


Dominique Tissot : Dans l’ensemble, les non-résidents ne prennent réellement conscience de la précarité de leur situation vis-à-vis de leur retraite et de leur prévoyance qu’entre 40 et 50 ans, voire parfois beaucoup plus tard.

Il existe de nombreuses manières de compenser cette faiblesse en prenant en compte le facteur temps, sachant que bien entendu, plus on s’y prend tôt et plus le choix de supports d’investissements est important.

Tu es spécialisé dans l’épargne retraite pour les expatriés et les non-résidents, quels sont les avantages et les inconvénients pour les Français de l’étranger vis-à-vis de la retraite ?

Dominique Tissot : L’expatrié est en général couvert par son entreprise. Sa situation financière en général meilleure qu’en France lui permet en plus de compléter sa retraite dans de bonnes conditions. Il s’agit donc de trouver les meilleurs produits pour maximiser le montant de la retraite.

La situation est un peu différente pour le non-résident qui est parfois inconscient du risque et ne réalise que tardivement les conditions de sa retraite. En effet, il cotise généralement dans son pays de résidence fiscale, tant sur le plan de sa santé que de sa retraite.

Même s’il existe des conventions entre les pays, elles ne jouent que sur la retraite de base. Donc il vaut mieux s’y préparer dès que possible !

L’absence de cotisations sociales sur les gains de l’assurance vie est souvent considérée comme un avantage important pour les expatriés. Pourtant, tu n’es pas d’accord avec cette affirmation, pourquoi ?


Dominique Tissot : L’assurance vie de droit français est plus un produit de transmission patrimoniale qu’un produit d’investissement.

Les rendements sont de moins en moins bons sur les fonds euros et les avantages fiscaux sont plafonnés comme une peau de chagrin…

En gros, il vaut mieux payer des impôts sur un bon rendement que ne pas en payer sur un faible gain !

Etant toi-même expatrié depuis 23 années, que fais-tu pour ta propre retraite ?

Dominique Tissot : Pour contredire l’adage du cordonnier le plus mal chaussé, je me suis constitué un portefeuille de produits présentant des risques variés depuis déjà plus de 20 ans.

La distance étant un facteur déterminant dans une acquisition immobilière pour un expatrié, il existe des investissements qui garantissent les loyers et exonèrent les investisseurs de toute la « logistique » liée notamment à l’entrée-sortie des locataires.

J’investis donc principalement dans le LMNP (Loueur Meublé Non Professionnel), les SCPI ou « Pierre Papier ».

Le double atout de ces 2 types de produits réside dans les avantages fiscaux bénéficiant également aux non-résidents, ainsi que dans la possibilité de les acquérir à crédit avec des taux historiquement bas…

Pour un expatrié, il apparaît plus sécurisant d’investir dans des produits « bien de chez nous » afin d’éviter les mauvaises surprises, en opposition à des solutions d’investissement locales. As-tu un avis sur la question ?


Dominique Tissot : S’il est vrai qu’en tant que français nous nous sentons plus à l’aise avec des produits hébergés en France, il existe néanmoins des solutions étrangères qui présentent des caractéristiques parfois meilleures.

Partant du principe que ce sont les Anglo-saxons qui ont inventé les assurances, il m’a semblé logique de tester des produits nord-américains et de les comparer aux Français.

Il existe des assurances décès aux États-Unis qui permettent aux investisseurs d’assurer leur famille pour des montants importants avec des valeurs de rachat très attractives.

Ces produits ne sont pas accessibles en Europe, mais lorsque vous êtes non résident, vous y avez accès.

C’est donc une opportunité supplémentaire pour compléter son approche de prévention retraite.

En plus, lors du retour en France (ou dans n’importe quel pays d’ailleurs !), elles demeurent valables quand elles sont déclarées.

D’une manière générale, quelles sont donc les solutions que tu préconises ?


Dominique Tissot : Comme je le disais précédemment, l’investissement immobilier avec l’effet de levier me semble le mieux adapté à la problématique du non-résident qui cherche à se constituer des revenus complémentaires en vue de compléter sa retraite.

L’impact du crédit étant le moins important du point de vue de la trésorerie quand il est contracté sur du long terme (au moins 10 ans voire 15) les solutions de LMNP et l’acquisition de SCPI sont les formes les plus utilisées par les expatriés.

Les avantages fiscaux et les économies d’impôts permettent de belles optimisations de rendements, mais il serait trop long de les énumérer ici.

Je me tiens en revanche à la disposition de chacun pour en préciser la nature et les détailler.

L’investissement dans des solutions d’assurances hébergées au Etats-Unis me semble aussi une bonne opportunité dans le sens que ces produits présentent de meilleures caractéristiques que les produits français. Ils permettent en outre une diversification en termes de devise car ils sont libellés en USD.

Enfin, comment ne pas mentionner la crise économique causée par la Covid-19. Quel est selon toi l’impact pour les expatriés et les non-résidents dans la préparation de leur retraite ?


Dominique Tissot : Chaque situation est différente, mais dans un monde d’incertitude, la pierre est une valeur refuge et cela ne fait que renforcer ma conviction de travailler en priorité sur ces produits.

Pour réussir son investissement, je préconise donc des projets qui prennent en compte les nouveaux comportements, comme le besoin de vivre dans des espaces plus verts, rendu possible grâce au télétravail.

La crise du COVID nous a frappés de plein fouet et nous oblige à remettre en question un comportement que nous croyions acquis comme celui qui consiste à vouloir tout, tout de suite !

Une des conséquences de cette prise de conscience réside dans le fait que nous avons collectivement senti à quel point nous étions vulnérables. La raison voudrait que nous en tirions les conséquences en redevenant plus prévoyants. C’est en tous cas l’objectif que je me suis fixé !

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