On sait à peu près ce que coûteront les études des enfants, un apport pour acheter ou un complément de retraite. Par contre, on sait beaucoup moins combien il faut mettre de côté chaque mois pour y arriver !
Pour financer ces projets, les Français plébiscitent l'assurance vie, qui pesait 2 088 milliards d'euros d'encours à fin 2025. Encore faut-il savoir pourquoi on épargne, car un contrat bien rempli ne fait pas nécessairement une stratégie. Sur cette page, découvrez donc mes conseils pour simuler votre investissement en toute connaissance de cause.
Votre objectif tient en deux nombres : un montant et une date
Première question : combien voulez-vous obtenir, et pour quand ? Tant que ces deux réponses restent floues, aucune simulation ne veut dire quoi que ce soit…
Autrement dit :
- Le montant dépend de votre projet et de votre train de vie
- La date définit votre prise de risque, et donc votre rentabilité, car plus l'échéance est proche et moins vous pouvez en prendre
Typiquement, voici ce que chaque horizon impose :
| Votre horizon | Le projet typique | Ce que ça impose |
|---|---|---|
| Moins de 3 ans | Travaux, mariage, voiture | Capital sécurisé et disponible |
| 5 à 10 ans | Apport immobilier, études des enfants | Une part de risque importante |
| Plus de 10 ans | Retraite, transmission | Recherche de rendement assumée |
À partir de ces informations, il sera plus facile de définir le montant que vous allez devoir mettre de côté chaque mois, et comment.
L'effort mensuel, le seul levier que vous contrôlez vraiment
Vous ne décidez ni du niveau des marchés ni de celui des taux. Parfois, ceux-ci n'évoluent pas en votre faveur…
En revanche, vous décidez du montant que vous mettez de côté chaque mois, et ce paramètre pèse plus lourd que tous les autres sur le résultat final.
Le calcul de départ est le plus simple qui soit. Divisez votre objectif par le nombre de mois qui vous en séparent. Par exemple, pour 30 000€ dans 10 ans :
- 30 000€ répartis sur 120 mois donnent 250€ par mois
- Ce montant ignore volontairement tout rendement, c'est donc votre plancher d'investissement mensuel
- S'il est supérieur à votre capacité d'épargne, allongez la durée ou revoyez l'objectif à la baisse
Vient ensuite la question du rythme. Le versement programmé consiste à faire prélever une somme fixe sur votre compte bancaire, à une date que vous fixez, tous les mois. Vous indiquez le montant et le jour du prélèvement à la souscription, puis l'opération se répète automatiquement.
Ses avantages :
- Vous épargnez avant de dépenser, et non avec ce qu'il reste en fin de mois
- Vous achetez aussi bien quand les marchés montent que quand ils baissent, ce qui lisse votre prix d'entrée
- Vous gardez la main, puisque le montant se modifie, se suspend et se relance librement
Mon conseil ? L'important est de tenir dans la durée :
- 100€ par mois maintenus pendant 10 ans construisent un vrai capital
- 400€ par mois abandonnés au bout de 6 mois ne laissent presque rien
Vous avez maintenant une idée précise de ce que vous souhaitez obtenir. Reste à y arriver !
Pourquoi loger cette épargne dans une assurance vie
Une assurance vie fonctionne comme une enveloppe, dans laquelle on loge des supports d'investissement plus ou moins risqués. Un même contrat peut donc financer plusieurs projets, à des échéances différentes.
Ces supports se rangent en deux familles :
- Le fonds en euros garantit votre capital, qui ne peut pas baisser, en échange d'un rendement modéré. D'après l'ACPR, le régulateur du secteur, les contrats individuels ont servi 2,63% en moyenne en 2025
- Les unités de compte investissent sur les marchés financiers, sans aucune garantie, avec un potentiel de gain nettement supérieur (ETF, fonds d'investissement, supports immobiliers, etc.)
Le dosage entre les deux dépend de votre échéance :
- Moins de 3 ans : l'essentiel en fonds en euros, car une baisse soudaine des marchés serait difficile à rattraper
- 5 à 10 ans : une part importante d'unités de compte, réduite à mesure que l'échéance approche
- Plus de 10 ans : la part d'unités de compte peut monter franchement, car le temps absorbe les à-coups des marchés
Autre atout de l'assurance vie, votre argent reste disponible. Beaucoup d'épargnants croient encore qu'une assurance vie bloque les fonds pendant 8 ans, alors que vous pouvez demander un rachat à tout moment, c'est-à-dire récupérer tout ou partie de votre argent.
En effet, les 8 ans ne conditionnent que la fiscalité, jamais l'accès à votre épargne ! D'ailleurs, concernant cette fiscalité, voici ce que vous devez retenir :
- Un abattement annuel de 4 600€ sur vos gains, porté à 9 200€ pour un couple marié ou pacsé
- Au-delà de cet abattement, une imposition ramenée à 7,5%
- Dans tous les cas, 17,2% de prélèvements sociaux sur les gains
C'est pourquoi je recommande de bâtir sa stratégie sur un contrat d'assurance vie multisupport, qui réunit fonds en euros et unités de compte au même endroit. Cette souplesse est importante, car votre horizon de 10 ans deviendra un horizon de trois ans et votre répartition devra suivre ce mouvement, sans que vous ayez à ouvrir un nouveau contrat.
Ne reste plus qu'à valider tout cela avec des chiffres !
Vérifiez votre plan avec un simulateur d'assurance vie
Un simulateur d'assurance vie est une calculette en ligne, proposée gratuitement par des assureurs ou des courtiers. Vous saisissez vos paramètres et vous obtenez le capital atteint à l'échéance.
Il ne reste plus qu'à remplir les 5 paramètres qui servent à obtenir votre résultat final :
- Votre capital de départ
- Le montant de votre versement mensuel
- La durée du placement
- Une hypothèse de rendement annuel
- Les frais prélevés par le contrat
Par exemple, avec 200€ versés chaque mois pendant 20 ans :
- 48 000€ sortis de votre poche sur toute la période
- Environ 62 700€ avec un rendement de 2,6% par an, à peu près la moyenne des fonds en euros
- Environ 72 800€ avec un rendement de 4% par an
Ces 10 000€ d'écart tiennent uniquement à la répartition de votre investissement, avec le même effort d'épargne. Multipliez donc les simulations pour trouver celle qui vous paraît la plus adéquate.
Dans vos simulations, ne négligez pas les frais, car ils se retranchent chaque année de votre rendement. Et contrairement aux marchés, ils sont connus d'avance.
Reprenons la simulation précédente, avec 200€ versés chaque mois pendant 20 ans.
check Un contrat qui prélève 0,50% de frais de gestion par an
close Un contrat qui prélève 0,85% de frais de gestion par an
L'écart au bout de 20 ans atteint environ 2 500€, pour le même effort d'épargne. De quoi relativiser ces 0,35% qui paraissent si peu à première vue !
J'ai d'ailleurs consacré une simulation complète au coût réel des frais d'une assurance vie.
Dernier point de vigilance, le capital affiché sera toujours un capital avant impôt. Anticipez donc votre taux d'imposition le jour du retrait. À la retraite, il y a de fortes chances qu'il soit plus faible qu'aujourd'hui.
Mon dernier conseil consiste à refaire votre simulation une fois par an, votre relevé annuel de performances en main. En effet, vous obtiendrez l'écart entre le capital que vous visez et celui que vos versements construisent réellement. Ainsi, si l'objectif s'éloigne, trois leviers vous permettront de le rattraper :
- Allonger la durée
- Augmenter le montant de vos versements
- Revoir votre répartition entre fonds en euros et unités de compte
De quoi parvenir à vos fins !
Article écrit par Emilien FRANCOISE
Emilien FRANCOISE est le fondateur de Nextbanq, site de référence dans l'univers des finances personnelles.
Titulaire d'un diplôme de grande école de commerce, il écrit des contenus indépendants à temps plein depuis 2007 avec l'ambition d'aider tous les lecteurs à améliorer leur pouvoir d'achat.