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Comment perdre rapidement en bourse (avec l’aide du FC Barcelone)

Dernière révision : 6 avril 2020

Site de trading partenariat avec le FC Barcelone

Quitte à être confiné, pourquoi ne pas s’aventurer en bourse ?

En effet, après la chute historique des cours, viendra forcément le moment de la remontée…

Ce raisonnement, logique dans sa construction, est pourtant potentiellement très dangereux.

Car la crise du coronavirus est tellement unique dans son ampleur que personne n'est capable de prévoir le bout du tunnel.

Mais une chose est sûre : débuter maintenant est un pari extrêmement risqué.

Et comme si cela n'était pas suffisant, les traders débutants arrivent dans un monde où leur tête est mise à prix !

En effet, il existe des courtiers illégaux, mais aussi et surtout légaux, capables de payer des sommes très élevées à des apporteurs d'affaires peu scrupuleux, afin de mettre la main sur des investisseurs débutants.

Parmi eux, le FC Barcelone, pour ne citer que le plus connu...

Or, acheter du bitcoin ou du pétrole ne s'improvise pas, surtout avec des outils comme l'effet de levier, que les professionnels utilisent avec parcimonie. Le danger de tout perdre en quelques clics est donc bien réel.

Pour éviter que la rentrée en bourse ne tourne au désastre, nous vous dévoilons les techniques des requins et autres loups de tout poil...

Le piège se referme à partir d’une recherche en ligne

Le danger apparaît souvent dès la première requête tapée sur un moteur de recherche.

“Gagner en bourse”, “stratégie bourse” ou “courtier en bourse” sont des mots-clefs légitimes pour démarrer sa nouvelle passion.

Apprendre la bourse

Quels sont les résultats affichés ?

Une grande variété de sites, allant des plus pédagogiques aux plus… trompeurs.

Car certains n‘ont été créés que pour gagner de l’argent, quitte à rouler le lecteur dans la farine en recommandant des courtiers, ces intermédiaires indispensables pour passer des ordres d’achat et de vente en bourse.

Le fonctionnement économique est le suivant : pour chaque internaute ouvrant un compte chez un courtier partenaire, souvent chypriote, ledit courtier verse une rémunération au propriétaire du site.

De cette manière, certains courtiers peuvent rémunérer près de 500€ par nouveau client, contre 50€ en moyenne avec un courtier français.

Dans le jargon marketing, c'est le CPA, soit le coût d'acquisition par client.

Voici la grille de rémunération d'un courtier, allant de 400 à 600 dollars en fonction du type de client amené :

Affiliation site de trading

De quoi aider à obtenir une évaluation flatteuse, en dehors de tout standard journalistique !

Ainsi, certains “classements” des meilleurs courtiers ne reflètent que l’intérêt pécuniaire du propriétaire du site, sans la moindre considération pour les traders débutants.

Car en atterrissant sur ces sites, les nouveaux traders n’ont tout simplement pas conscience des risques encourus, que ce soit au niveau de la fiabilité du courtier, des frais ou encore des instruments financiers disponibles.

Un cocktail potentiellement explosif.

Or, il n’y a pas de secret : investir de l’argent en bourse demande une formation solide, le risque étant de tout perdre, exactement comme au casino.

Mais pourquoi les courtiers avec une licence chypriote ont-ils moins bonne réputation ?

Des licences chypriotes qui posent question

Pour opérer dans l’Union Européenne, un courtier doit posséder une licence émise par un de ses pays membres.

Chypre

Or, il se trouve que le régulateur chypriote, dénommé Cysec (Cyprus Securities & Exchange Commission), est beaucoup plus souple dans la délivrance de ses licences que le régulateur français, l’AMF (Autorité des Marchés Financiers).

Mécaniquement, cette souplesse attire des investisseurs ne qualifiant pas pour des licences plus prestigieuses, et dans le lot, se trouvent aussi les moins éthiques d’entre eux.

Toutefois, même avec des garanties moindres par rapport aux courtiers agréés en France, les courtiers chypriotes ont légalement le droit d’exercer en France, tant que la législation française est appliquée.

Par exemple, celle-ci impose une publicité très encadrée, l’obligation de faire figurer des messages de prévention, etc… Mais malgré toutes ses qualités, elle ne protège pas de tous les risques.

Ainsi, la sécurité des fonds déposés auprès de certains courtiers chypriotes est une vraie source d’anxiété.

Pour rappel, lors de la crise bancaire de 2013, Chypre n’avait pas hésité à sauver son système financier en confisquant l’argent des particuliers déposé auprès de ses banques publiques. De quoi faire réfléchir…

En cas de faillite ou de litige avec son courtier, les chances de revoir son argent sont donc beaucoup plus faibles qu’avec un courtier disposant d’une licence française.

Premièrement, outre un plafond d’indemnisation beaucoup plus bas (de l’ordre de 20 000€ contre 100 000€ en France), des questions fondamentales comme la ségrégation des fonds (c’est-à-dire la séparation des fonds des clients de ceux de l’entreprise) ne sont jamais clairement répondues. Il s’agit pourtant d’une information primordiale.

Deuxièmement, si les politiques commerciales de ces établissent incitent à déposer toujours plus d’argent, on ne compte plus les avis en ligne négatifs au moment de faire l’opération inverse.

Quand les services clients ne répondent plus, c’est un vrai parcours du combattant qui peut alors s’engager.

Tout d’abord, en cas de litige, la Cysec n’est pas d’une grande aide. En effet, selon ses statuts, elle ne peut que traiter des plaintes en nom collectif, ce qui oblige les particuliers à emprunter d’autres voies.

Deux solutions se présentent : engager un avocat privé ou bien faire appel à une structure de médiation chypriote, The Financial Ombudsman of The Republic of Cyprus.

Malheureusement, le site internet de cette structure (seulement en anglais ou en grec, la langue chypriote) est d’une telle vétusté que l’on comprend aisément que l’objectif premier est d’enterrer les plaintes, sans autre forme de procès.

Jugez la page d'accueil par vous-même !

Apprendre la bourse

Il est tout de même possible de gagner, à condition de présenter un dossier en béton armé (captures d’écran, historique de trading, discussions avec le service client, etc…) et de faire preuve de patience. Selon certains avis, il faut ainsi compter au minimum un an avant de voir le bout du tunnel.

La faute à une saturation du service compte tenu d'un nombre élevé de demandes ?

En tout cas, l’investisseur floué n’est potentiellement pas au bout de ses surprises, puisque même dans ce moment difficile, des escrocs prolifèrent en promettant des solutions pour récupérer son argent rapidement et à moindre coût. En d’autres termes, un exemple d'arnaque à l'intérieur d'une arnaque…

Ce qui veut tout de même en dire long !

Pour ces raisons, la licence chypriote est un signal qui ne doit pas être pris à la légère.

De nombreux moyens de perdre son argent

C’est mathématique.

Pour verser les meilleures rémunérations aux sites apporteurs d'affaires, les courtiers chypriotes doivent rentabiliser au maximum leurs nouveaux clients.

Pour cela, ces courtiers ont un atout important dans leur manche : ce sont pratiquement les seuls acteurs du marché à s’adresser avec un discours adapté aux traders débutants. Ce qui en soi est tout, sauf un défaut.

Par exemple, avec des interfaces simplifiées, il est beaucoup plus facile de réaliser un premier ordre d’achat ou de vente sur l’actif de son choix.

Courtier en ligne

Ainsi, le nombre d’actifs est drastiquement réduit pour se concentrer sur ce qui intéresse vraiment les gens : des actions connues (Apple, Netflix, etc…), des indices (CAC 40, Dow Jones, etc…), des cryptomonnaies (Bitcoin, etc…) ou encore des matières premières (or, pétrole, etc…).

En comparaison, avec des dizaines de milliers d’actifs disponibles, les courtiers traditionnels sont plus difficiles à prendre en main.

Courtier en ligne Saxo Banque

Autre terrain de conquête, le côté grand public de certains courtiers est parfois accentué par des partenariats avec des sportifs reconnus comme Usain Bolt ou Gaël Monfils. En 2016, l’offensive publicitaire s’est même étendue jusqu’aux maillots de foot des plus grands clubs français (PSG, Lyon, Monaco, etc…), avant que la pratique ne soit interdite.

Bref, à l’opposé des courtiers traditionnels, le positionnement grand public de ces sites est indéniable.

Mais derrière cette belle façade, les nouveaux venus ont-ils conscience des risques encourus ? Il est permis d’en douter.

Courtier grand public

La première explication concerne l’instrument financier le plus vendu sur ces plateformes, le CFD (Contract for Difference).

Or, la caractéristique principale d’un CFD est de disposer d’un effet de levier, ce qui permet de multiplier les gains en un instant, mais aussi et surtout, les pertes.

Pour cette raison, la législation française impose un message de prévention obligatoire, à la manière des paquets de cigarettes ou des sites de paris sportifs.

Voici un message clairement présenté sur une page d'inscription :

Risques encourus avec les CFD

En d’autres termes, donner un CFD à un apprenti trader revient à confier une voiture de sport à un jeune en conduite accompagnée.

De plus, ces CFD portent souvent sur des actifs très volatils, comme le Forex (marché des changes) ou les cryptomonnaies. De quoi rendre en plus la chaussée glissante comme une patinoire…

Et cerise sur le gâteau, n'oublions pas que nous sommes vraisemblablement dans la plus grande crise boursière de l’histoire, avec chaque jour des variations de cours à peine croyables.

Et les causes de sortie de route ne s’arrêtent pas là.

En effet, si ces sites font un effort remarquable pour s’adresser au commun des mortels dans un vocabulaire non technique, les pages de tarification ne bénéficient presque jamais du même traitement de faveur.

Pour comprendre les frais de trading, il est ainsi nécessaire d’avoir une bonne connaissance des marchés et des termes techniques comme le spread, le pip ou encore le lot.

Et tuons le suspense immédiatement : ceux-ci peuvent être prohibitifs, parfois des dizaines de fois plus élevés par rapport à un courtier traditionnel.

Malgré tout, occasionnellement, il est possible de trouver des frais compétitifs sur certains actifs, par exemple l’achat d’actions. Quand cela arrive, les traders sont en revanche bien informés.

Paradoxalement, cela veut aussi dire qu’il faut guetter les autres frais avec plus d’attention.

En effet, certaines pratiques peuvent laisser songeur, à la manière des plateformes qui obligent à trader en dollars.

Ce qui est contre-productif au premier abord, sachant que Chypre est situé dans la zone euro et que les Etats-Unis interdisent ce type de site, faute de licence locale.

En réalité, ce tour de passe-passe permet de facturer deux fois des frais de change, au moment du dépôt en euros et du potentiel retrait vers le compte bancaire.

Dans cet exemple, les 250 pips représentent en fait 2,50% à l'entrée et à la sortie.

Tarifs

Dans d’autres cas, ce sont les frais d’inactivité qui peuvent être abusifs. A partir de 90 jours sans transaction, un courtier facture ainsi 10% du solde du compte, avec un minimum de 25€ et un maximum de 49,90€. Ne venez plus vous plaindre des frais d’inactivité de votre banque !

Outre des tarifs élevés, des pratiques plus graves méritent également d'être mentionnées, comme le courtier qui prend des positions contre son client (le courtier gagne de l'argent quand le client perd son trade) ou des soupçons de manipulation des cours.

Sur ce dernier point, si en apporter la preuve est un exercice délicat, il n’est pas rare que des traders se plaignent dans les forums de “mouvements suspects”, notamment quand ils sont en position de gagner beaucoup.

Sans l’ombre d’un doute, ce type de comportement est beaucoup plus probable sur des plateformes 100% illégales, dont voici la liste noire de l’AMF.

Mais compte tenu du nombre d'incidents ayant entaché la réputation des courtiers chypriotes, ainsi que de la propension des sites illégaux à se présenter comme (faussement) porteur de cette licence, les traders débutants ont le droit de savoir que dans cette confusion, ce genre de pratique peut exister.

Un “trading social” en trompe l’oeil

Trading social

Tenté par la bourse, mais frileux à l’idée d’y aller seul ?

Pour faciliter le passage à l’action, découvrez le trading social.

Le principe ?

Plutôt que de prendre des décisions seul dans son coin, l’idée est de s’inspirer d’autres traders, et d’aller jusqu’à copier entièrement leurs stratégies.

Pour ce faire, sur une plateforme de trading social, chaque trader dispose d’un profil, exactement comme sur tout réseau social.

Ainsi, le trader débutant n’est plus tout seul, mais directement connecté aux meilleurs, et capable en un clic de faire comme eux.

Le plus sûr moyen de gagner en bourse sans rien faire !

Tout du moins, c’est la promesse implicite du trading social.

Mais, sans surprise, les résultats ne sont pas du tout au rendez-vous.

L’explication tient au fait qu’aussi talentueux soient-ils, les meilleurs traders ne sont “que” des particuliers, et avec un énorme désavantage, des frais de courtage prohibitifs comme vu précédemment.

Pour situer les choses dans leur contexte, même les meilleurs fonds d’investissement professionnels n’arrivent pas à battre tous les ans leur indice de référence (par exemple le CAC 40).

Or, le principal coupable est bien connu : le montant des frais. Et contrairement aux particuliers, les professionnels bénéficient de tarifs hachés au couteau…

Pour cette raison, il est illusoire de croire qu’un trader particulier peut apporter d’excellentes performances sur la durée.

Par contre, en prenant des risques, il est tout à fait possible de générer des gains sur une petite période, jusqu’à quelques mois.

Ce qui veut dire qu’en arrivant sur une plateforme de trading social, un débutant peut être impressionné en observant des profils soigneusement sélectionnés avec des performances de 50%, 100% ou même jusqu'à 2 000% !

Malheureusement, ce ne sont que des gains passés, le train étant déjà passé.

Toutefois, cette promesse de gagner vite, beaucoup et sans effort est un excellent appel à rejoindre la communauté…

Et du côté d’un trader confirmé, pourquoi impacter sa performance à la baisse et accepter de se laisser copier ?

L’argument est une nouvelle fois financier, puisque les plateformes versent des rémunérations supplémentaires en fonction du nombre de copieurs, tout en donnant accès à divers avantages, comme des frais réduits.

Mais ce n’est pas tout : ces influenceurs peuvent parfois recevoir des rémunérations en tant qu’apporteurs d’affaires. Et comme nous avons vu plus haut, ces plateformes sont très généreuses dans ce domaine.

La boucle est ainsi bouclée.

Conclusion : la partie est loin d’être gagnée

Casino

Face aux risques de perte de capital, la légalité et la convivialité de certaines plateformes de trading, notamment chypriotes, ne doivent pas aveugler les traders débutants.

Certes, les courtiers traditionnels pourraient faire plus d’efforts pour démocratiser leurs services.

Mais la bourse n’est pas un jeu, et de l’avis de tous, demande beaucoup de travail pour espérer faire un profit.

Conscients de cette "faille" dans le marché, de nombreux courtiers étrangers se sont engouffrés dans celle-ci.

Car avec un marketing agressif, des plateformes de trading simplifiées et des outils comme le trading social, le positionnement de ces sites peut paraître très séduisant.

Malheureusement, des tarifs élevés, la présence d’un effet de levier et la volatilité des actifs disponibles sont quelques-uns des éléments qui peuvent transformer l’investissement boursier en partie de roulette.

Et l’analogie avec les sites de jeux d’argent ne s’arrête pas là, bien au contraire.

Comme pour les sites de casino, la valorisation d’un nouveau client est très élevée, jusqu’à plusieurs centaines d’euros.

Ce qui explique qu’une armée d’apporteurs d’affaires (sites internet, influenceurs, etc…) parle positivement de ces sites, en passant les risques sous silence.

Et le pouvoir de persuasion de ces sites est grand, puisque des médias français importants ou des sites informatifs réputés s'abaissent parfois à ce genre de publicité, pour mettre du beurre dans les épinards...

Sans aide extérieure, le particulier débutant a-t-il seulement une chance de s’en sortir dans cette partie de poker menteur ?

Car les incitations à devenir un trader peuvent surgir à tout moment.

Par exemple, avant de se faire reprendre par l’AMF, Nabila elle-même faisait la publicité d’une méthode pour gagner sans risque sur le bitcoin, à travers une formation affiliée à un courtier chypriote.


Pour mettre les choses en perspective, la loi française impose aux conseillers de gestion en patrimoine un devoir de conseil, c’est-à-dire l’obligation d’expliquer les risques encourus avant de souscrire tout placement financier.

Dans cet exemple, un certain nombre de conseillers ont dû s'étrangler en buvant leur café !

Et le pire est encore à venir.

L‘illustration la plus frappante concerne probablement un des clubs de football les plus importants au monde, le FC Barcelone.

FC barcelone

Autrefois symbole d’indépendance pour son maillot vierge de toute publicité, le club catalan est depuis le 1er janvier 2020 partenaire avec un courtier chypriote.

Sur la page d’accueil en français, à côté de la photo des meilleurs joueurs de l’équipe, dont Antoine Griezmann, il est écrit qu’il est “très facile de gagner de l’argent en faisant du trading sur le Forex”.

Or, il est impossible de faire plus mensonger.

Combien de fidèles supporters l’apprendront au prix fort ?

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