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etoro Edge, à la hauteur des promesses ?

Ecrit par Emilien FRANCOISE, créateur de Nextbanq
Dernière révision : 20 août 2026

etoro Edge, à la hauteur des promesses ?

Le 7 juillet 2026, eToro a lancé etoro Edge, un terminal de trading présenté comme un espace de travail qui s'adapte à votre façon d'intervenir sur les marchés.

Une nouvelle couche de peinture sur la même plateforme ? Pas tout à fait. Le terminal apporte de vrais outils, mais il ne touche pas à ce qui coûte le plus cher quand on multiplie les ordres.

Ici, je vous montre ce qu'Edge change concrètement par rapport à la plateforme classique, et pour quel profil il vaut le détour.

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etoro Edge, un terminal que le site d'eToro ne montre nulle part

Le menu etoro Edge du site français, qui ne mène pas au terminal

etoro Edge est une application de trading qui s'ouvre dans votre navigateur, à l'adresse edge.etoro.com. Rien à installer, rien à payer, et vous vous connectez avec vos identifiants eToro habituels.

Une fois à l'intérieur, vous retrouvez vos listes de surveillance, vos positions et votre historique. Le compte virtuel suit également, ce qui permet d'essayer tous les outils sans engager un euro.

Encore faut-il savoir où le trouver. J'ai passé en revue l'accueil français d'eToro, la page des plateformes, celle de Tori, celle des frais et la page découverte le 20 août 2026. Aucune ne renvoie vers le terminal.

Le menu « etoro Edge » qui apparaît en haut de certaines pages ne mène pas davantage à l'outil, car il regroupe Tori, l'App Store et les portefeuilles agentiques, c'est-à-dire la gamme d'intelligence artificielle du courtier. Le terminal porte donc le même nom qu'une gamme dans laquelle il ne figure pas.

Voilà pour la porte d'entrée. Reste à savoir ce qu'on gagne à la pousser plutôt qu'à ouvrir la plateforme habituelle.

Essayer etoro Edge

Ce qui change vraiment face à la plateforme classique

Le catalogue de widgets d'etoro Edge

Edge part d'une page blanche. Vous ouvrez un modèle prêt à l'emploi ou un écran vide, vous y posez les modules que vous voulez, vous les redimensionnez, et la disposition se sauvegarde toute seule. Voici ce que ça change par rapport à l'application que vous connaissez :

Plateforme classiqueetoro Edge
Où ça se passeetoro.com et l'application mobileedge.etoro.com, dans le navigateur
Organisation de l'écranImposéeDispositions libres, sauvegardées automatiquement
GraphiquesIntégrés à la fiche de l'actifTradingView, avec indicateurs et outils de dessin
Suivi de plusieurs actifsUn actif à la foisGroupes de liaison entre widgets
Raccourcis clavierNonPalette de commandes, changement de disposition
ScreenerNonOui, avec filtres en temps réel
Fil de la communautéOuiOui, sous forme de widget
Trading social (CopyTrader)OuiAbsent
Smart PortfoliosOuiAbsent

Le graphique mérite qu'on s'y arrête, car il ne vient pas de chez eToro. Il est signé TradingView, la référence du secteur, avec les indicateurs et les outils de dessin qui vont avec.

La dernière ligne du tableau m'a surpris.

Attention à ne pas confondre deux choses que le vocabulaire d'eToro mélange volontiers. Le trading social, celui qui consiste à copier automatiquement les positions d'un autre investisseur, n'a aucune place dans Edge. Le fil de la communauté, lui, a bien traversé, avec un widget qui affiche les publications sur les instruments que vous suivez. Vous pouvez donc lire ce que disent les autres, sans jamais leur emboîter le pas.

Une fois l'écran configuré, il faut bien finir par passer un ordre.

Voir la plateforme eToro

Le passage d'ordre, là où Edge ne change rien

Le ticket d'ordre d'etoro Edge en effet de levier X2, signalé CFD

J'ai passé un ordre depuis le compte virtuel, et l'expérience est celle de l'application classique. Le ticket propose deux types d'ordre, au marché ou à cours limité. Ni ordre stop à l'entrée, ni ordre suiveur au déclenchement. Le stop de protection et l'objectif de gain existent, mais ils s'attachent à la position une fois qu'elle est ouverte.

La saisie se fait en dollars par défaut, avec un bouton pour basculer en nombre de titres. Pour 200$ sur Apple, le ticket affiche 0,64 action, fractions comprises.

Bon point du côté de la transparence, car le ticket affiche la ligne « Coûts estimés » avant que vous validiez. En effet, eToro facture 1$ de commission à l'ouverture et 1$ à la fermeture d'une position sur action, montant porté à 2$ sur les places de Sydney, Hong Kong, Dubaï, Abou Dabi et Tokyo. Les ETF et les CFD y échappent, comme le copy trading et les Smart Portfolios.

À cette commission s'ajoute la conversion de devise, qui s'applique dès que vous achetez un actif libellé dans une autre monnaie que celle de votre compte. Elle est fixée à 0,75% entre un compte en euros et le dollar, avec une remise pour les membres du Club eToro, de 20% au niveau Gold jusqu'à 80% au niveau Diamond.

Le curseur d'exposition mérite plus d'attention encore, car il va de X1 à X20. Le premier niveau achète l'action, les suivants passent par un contrat sur la différence, et le ticket l'annonce par une mention CFD posée à côté du type d'ordre. J'ai fait le test sur le compte virtuel, avec 10 000$ sur Apple.

Ces 30$ correspondent aux 0,15% de la valeur de la transaction que la grille officielle facture sur les positions à effet de levier, à l'ouverture comme à la fermeture. À cela s'ajoutent les frais de nuit tant que la position reste ouverte. Le curseur est à portée de souris, la facture ne l'est pas.

Le sélecteur de séance, lui, ouvre la négociation en dehors des horaires de la bourse, en mode 24 heures sur 24 et 5 jours sur 7. Ce service ne se facture pas, il se paie dans l'écart entre le prix d'achat et le prix de vente, puisque eToro indique que les spreads peuvent être plus larges en dehors des horaires normaux de marché.

Il manque enfin le carnet d'ordres. Aucun des 19 widgets n'affiche la profondeur de marché, c'est-à-dire la file des ordres d'achat et de vente en attente. C'est cohérent avec le modèle d'eToro, où vous traitez face au courtier plutôt que sur un marché central, mais un trader habitué à un terminal le remarquera dès la première minute. Pour le détail complet de la tarification, j'ai consacré un article aux frais d'eToro.

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Ce qui manque encore à l'appel

Le widget de création d'alertes, marqué bientôt disponible

La page de présentation d'Edge met Tori en avant, l'assistant conversationnel d'eToro, à qui l'on demanderait d'ajouter des indicateurs ou du contexte sur ses graphiques. Dans le catalogue des 19 widgets, je n'ai trouvé aucun module Tori le 20 août 2026.

Même constat du côté des alertes. Le widget « Alertes » existe bien et affiche celles qui tournent, mais celui qui sert à les créer et à les modifier porte la mention « Bientôt disponible ». Or les alertes de prix précises figurent parmi les arguments mis en avant pour vendre le terminal.

La traduction française trahit enfin la jeunesse du produit. L'onglet du catalogue s'intitule « All Widgetss », avec deux s, quand le filtre voisin s'appelle « Au marchés ». Rien qui empêche de travailler, mais le terminal a manifestement été livré vite.

Conclusion : pour qui etoro Edge vaut le détour

Mon avis
Edge change la fenêtre, pas le moteur

L'espace de travail tient ses promesses. Les dispositions, les widgets, les graphiques TradingView et les raccourcis clavier apportent un confort réel, gratuitement et sans installation. L'exécution, elle, n'a pas bougé d'un pouce par rapport à l'application classique.

Reste que la cible est étroite. Il faut déjà être client d'eToro, choisir ses lignes soi-même et regarder les marchés plusieurs fois par semaine pour que ce terminal apporte quelque chose. En dehors de ce profil, c'est un écran de plus.

Le 7 juillet, eToro a présenté dans la même annonce Tori et les portefeuilles agentiques, qui investissent à votre place, et ce terminal taillé pour ceux qui veulent tout décider eux-mêmes. Le courtier avance sur deux jambes opposées, et Edge est celle qui s'adresse aux clients les plus autonomes.

Mon avis tient en une ligne. Si vous êtes déjà client et que vous décidez seul de vos positions, ouvrez Edge, vous n'avez rien à y perdre. Si vous hésitez encore à ouvrir un compte, sachez que ce terminal ne change pas l'addition, car le coût réel se joue sur les 0,75% de conversion et les 2$ par aller-retour, bien davantage que sur la qualité de l'écran. Pour le reste du dossier, tout est dans mon avis complet sur eToro.

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Vos Questions Fréquentes

etoro Edge est-il payant ?

Non. Le terminal est accessible gratuitement avec un compte eToro existant, sans abonnement ni supplément. Les frais restent ceux de la grille habituelle du courtier, à savoir 1$ de commission par ordre sur les actions, 0% sur les ETF et 0,75% de conversion entre un compte en euros et le dollar.

Peut-on copier un trader depuis etoro Edge ?

Non, et c'est la principale absence du terminal. Le CopyTrader et les Smart Portfolios n'ont aucun widget dans Edge, il faut revenir sur la plateforme classique pour copier un investisseur ou piloter un portefeuille tout fait. Seul le fil de publications de la communauté est présent, ce qui permet de lire les autres sans les suivre automatiquement.

Peut-on essayer etoro Edge sans risquer son argent ?

Oui. Le compte virtuel d'eToro, doté de 100 000$ fictifs, se retrouve dans le sélecteur de compte en bas de l'écran. Vous pouvez donc construire vos dispositions, tester les widgets et passer des ordres pour de faux avant de basculer sur votre compte réel.

A propos de l'auteur
Article écrit par


Emilien FRANCOISE Emilien FRANCOISE est le fondateur de Nextbanq, site de référence dans l'univers des finances personnelles.
Titulaire d'un diplôme de grande école de commerce, il écrit des contenus indépendants à temps plein depuis 2007 avec l'ambition d'aider tous les lecteurs à améliorer leur pouvoir d'achat.

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