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Les trackers, indispensables pour gagner en bourse ?

Dernière révision : 23 juillet 2019

Le guide des trackers

Pour votre épargne, vous faites peut-être confiance à des fonds d’investissement.

Et si vous aviez tout faux ?

Venus des Etats-Unis, les trackers, ces fonds automatisés qui font de l'ombre aux fonds d'investissement classiques, tiennent aujourd’hui le haut du pavé grâce à des performances supérieures dans 80% des cas, notamment grâce à des frais beaucoup plus bas dans 100% des cas.

A vrai dire, le milliardaire Warren Buffet, considéré comme le pape de l’investissement boursier, ne jure plus que par les trackers (ou ETF).

Et malgré ces faits indiscutables, il y a fort à parier que votre conseiller ne vous en parle même pas.

Pourquoi ?

La raison est simple : avec des frais aussi bas, la commission de votre intermédiaire s’en ressent directement, et si vous pensez ne pas payer de commissions, c'est uniquement parce que celles-ci vous sont cachées la plupart du temps !

Pour rétablir les pendules à l’heure, Nextbanq vous propose ici son guide complet des trackers.

Ne prenez pas cet article à la légère, votre niveau de vie à la retraite pourrait en dépendre largement...

Les trackers : présentation

Les trackers sont des fonds automatisés qui répliquent un indice donné, par exemple le CAC 40.

Concrètement, si le CAC 40 gagne +10% une année donnée, le tracker associé gagne +10% et à l’inverse, si le CAC 40 perd 10%, le tracker perd 10%.

Présenté de cette manière, il n’y a rien de vraiment sexy...

Et pourtant, deux différences fondamentales rendent le tracker (un fonds automatisé donc) beaucoup plus attractif qu’un fonds d’investissement classique :

  • L’absence de prise de décision humaine : en répliquant automatiquement un indice (le CAC 40 dans notre exemple, mais il existe des trackers sur à peu près tout et n’importe quoi), les trackers se passent de toute intervention humaine. Et c’est le plus souvent un gage de réussite ! En effet, statistiquement, la majorité des fonds d’investissement classiques sont incapables de reproduire l’indice qu’ils sont censés battre sur une année donnée. Cela peut sembler paradoxal, mais c’est la réalité : sans intervention humaine, les performances sont souvent meilleures. Sur une période plus longue, l’écart est même encore plus flagrant.
  • Des frais beaucoup plus bas : avec des coûts de fonctionnement moindres (notamment sur les salaires) ainsi que des dépenses marketing réduites (comme la commission vers votre conseiller ou votre assurance vie), les trackers peuvent s’offrir le luxe d’être très peu chers (de l’ordre de 0,3%) quand les fonds classiques peuvent prélever jusqu’à 5%, sinon plus.

Résultat des courses ?

En combinant ces deux caractéristiques (meilleures performances d’un côté et frais plus bas de l’autre), la différence de gains pour l’épargnant est parfois phénoménale, d’autant plus si la période d’investissement est longue.

Pour mieux comprendre cela, prenons l’exemple de Warren Buffett.

Le pari à un million de dollars de Warren Buffett

Né en 1930, l’américain Warren Buffett est considéré comme le meilleur investisseur de tous les temps et apparaît régulièrement dans le trio de tête des plus grosses fortunes du monde.

Sa méthode est principalement basée sur l’identification de sociétés sous-évaluées, dans des secteurs qu’il connaît bien, et dans une optique de long terme, allant jusqu’à plusieurs décennies.

Warren Buffet, pari sur les trackers

By Mark Hirschey (Work of Mark Hirschey) [CC BY-SA 2.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0)], via Wikimedia Commons

En 2008, il a parié un million de dollars avec le dirigeant d’un fonds américain qu’un tracker choisi par ses soins sur le S&P 500 (représentant les 500 plus grosses entreprises américaines) obtiendrait de meilleurs résultats qu’une sélection de 5 fonds d’investissement ayant justement pour objectif de battre le S&P 500.

En 2016, alors qu’il ne reste plus que 2 ans avant de clôturer le pari, les résultats sont les suivants :

  • Tracker de Warren Buffet : +65,67%
  • Sélection de fonds par la firme Protégé : +21,87%

En d’autres termes, le tracker, dont la seule fonction est de répliquer un indice (nous parlons alors de gestion passive), fait trois fois mieux qu’une sélection de fonds, alors que c’est le travail d’une équipe de gérants à plein temps que de superformer le S&P 500 (nous sommes dans une gestion active).

Comment une telle différence est rendue possible ? Comme vu avant, c’est grâce à l’absence d’intervention humaine, trop souvent néfaste pour la performance, et à des frais très réduits.

Bien entendu, plus la durée d’investissement est longue et plus les écarts entre les deux modes de gestion sont impressionnants.

Imaginons que vous ayez 100 000€ à placer sur le long terme. Pour comprendre l’impact des frais, admettons que l’investissement en tracker rapporte en moyenne 5% par an, et qu’un fonds classique obtienne la même performance, mais avec des frais de 2% par an, ce qui nous donne une rémunération de 3% par an.

Par l’effet des intérêts composés, c’est-à-dire des intérêts qui génèrent à leur tour des intérêts, l’écart de rémunération sur la durée devient à peine croyable !

Alors, tous les fonds classiques sont-ils bons à jeter à la poubelle ?

Non, ce n’est pas la morale de l’histoire.

En effet, si d'après Morningstar, 80% des fonds en moyenne pour une année donnée sont incapables de battre leur indice de référence, cela reste malgré tout le cas pour 20% d’entre eux. Par contre, sur une durée plus longue, comme une décennie, il est vrai que les fonds classiques parvenant à battre les trackers se comptent sur les doigts d’une seule main.

Dans ces conditions, c’est donc à vous de définir vos objectifs, en ayant notamment une idée claire de votre horizon d’investissement. Car si vous souhaitez prendre des risques et battre un indice, il est clair que vous n’y arriverez pas avec un tracker !

Bien conscient de ces faits, Warren Buffet a déjà pris la décision qu’après sa mort, 90% des fonds qui seront légués à sa famille devront obligatoirement être investis dans un tracker, avec comme recommandation principale à la famille de ne pas faire confiance aux professionnels de la finance qui prétendent pouvoir battre les marchés.

Au fait, comment ça marche un tracker ?

Comme vous le savez déjà, les fonds d’investissement classiques (dénommés aussi OPCVM, avec les Sicav d'un côté et les FCP de l'autre) sont gérés par des équipes complètes (dirigeants, analystes, support informatique, etc…) et ont donc des coûts importants (qui se répercutent sur les frais), alors que les trackers, eux, n’ont que très peu de frais de personnel.

graphique bourse

Les objectifs sont aussi différents : un fonds d’investissement va chercher à battre un indice grâce à des prises de décision, tandis que le tracker ne fait que répliquer les variations d’un sous-jacent, souvent un indice. C’est pourquoi les trackers sont aussi considérés comme des “fonds indiciels automatisés”.

Ainsi, si nous prenons les grands indices de la planète, comme le Dow Jones, le Nasdaq, le Nikkei, le Dax, le CAC 40 ou encore le FTSE 100, le travail d’un émetteur de trackers est d’acheter toutes les actions qui composent l’indice donné, en les pondérant, pour ensuite les revendre sous forme de parts à des investisseurs professionnels ou particuliers.

Outre la question des frais, primordiale, les trackers présentent aussi deux autres avantages :

  • La liquidité : les trackers sont cotés en bourse comme des actions, c’est-à-dire quasiment en temps réel, selon les horaires d’ouverture. A contrario, les fonds d’investissement ne sont généralement cotés qu’une fois par jour, et présentent un risque de liquidité (par exemple, des fonds immobiliers ont gelé les retraits suite au Brexit et à la chute des cours). De plus, les parts de trackers se négocient à des prix souvent inférieurs à 100€, ce qui augmente d’autant plus leur liquidité.
  • La diversification : ils existent des produits peu accessibles aux particuliers, comme les obligations. Grâce aux trackers, il est possible d’en obtenir tout un panier en seulement un achat. Il s’agit donc d’un outil particulièrement prisé dans cette optique.

Pour ces raisons, avec un encours total de plus de 3 000 milliards de dollars au total sur la planète, le succès des trackers ne se dément pas et continue de prendre des parts de marchés aux fonds d’investissement classiques.

Comment choisir ses trackers ?

Les émetteurs de trackers sont généralement de grandes institutions financières, comme des banques ou des sociétés de gestion d’actif.

Parmi les émetteurs les plus connus, nous avons par exemple :

  • iShares : de loin le plus grand émetteur de trackers au monde, iShares annonce sur son site plus de 700 trackers. Cette société est détenue par Blackrock, le plus grand fonds d’investissement au monde, d’origine américaine.
  • Lyxor : propriété de la Société Générale, Lyxor est le troisième émetteur d’Europe avec plus de 200 trackers
  • Vanguard : créateur du tout premier tracker, Vanguard est un fonds d’investissement américain de premier plan
  • SPDR : présent depuis 1993 sur le marché des trackers, SPDR appartient au fonds State Street Global Advisors
  • ProShares : autre émetteur américain, ProShares propose également des centaines de trackers, depuis son lancement en 2006
  • Amundi : l’émetteur de trackers de BNP Paribas

Comme vous pouvez le constater, la plupart des grands émetteurs sont américains.

Cela s’explique par le fait qu’aux Etats-Unis, les trackers (ou ETF pour Exchange Traded Funds en anglais) font véritablement partie du paysage financier, alors qu’en Europe, nombre d’intermédiaires financiers ne leur font que peu de publicité, par peur de perdre des commissions.

Que ce soit dans le cadre d’un compte-titres, d’un PEA ou dans une moindre mesure, d’une assurance vie, voici les grandes catégories de trackers existantes :

  • Par répartition géographique : un pays, un groupe de pays, voire même le monde entier !
  • Par indices : Dow Jones, Nasdaq, CAC 40, etc..
  • Par répartition sectorielle : les valeurs financières, les télécommunications, l’énergie, la consommation, etc…
  • Par catégorie d’actif : l’or, l’argent, les obligations d’états ou d’entreprise, le pétrole, etc…
  • Par capitalisations boursières : les grandes, moyennes et petites capitalisations
  • Par stratégies : recherches de dividendes, croissance, etc...

Du fait de leur variété et de leur simplicité, les trackers sont donc un moyen très facile de diversifier son capital, règle d’or de l’investissement boursier.

Toutefois, s’il ne fait aucun doute que la composition d’un tracker CAC 40 reprend les 40 plus grosses capitalisations cotées à Paris, il est parfois moins évident de connaître les valeurs qui se cachent derrière par exemple un tracker dédié aux dividendes, dont la stratégie est de répliquer les valeurs qui offrent les meilleurs dividendes. Pour cette raison, si vous avez un doute, n’hésitez pas à consulter la composition des trackers.

De plus, à côté de la définition du tracker telle que nous avons vu jusqu’à présent, qui représente plus de 95% du marché, sachez qu’il existe également d’autres types de trackers, mais que ceux-ci sont réservés à des investisseurs confirmés :

  • Les trackers leverage : ce sont de véritables produits dérivés, qui permettent de répliquer la variation de l’indice, avec un effet de levier pouvant aller jusqu’à 4. Les risques de perte sont donc importants.
  • Les trackers short : ceux-ci servent à parier sur la baisse d’un indice. Par exemple, si le CAC 40 perd 1%, alors la valeur de votre placement gagne 1%
  • Les trackers actifs : plus récents, ces trackers comportent une part de décisions humaines, avec l’objectif de battre l'indice de référence. Bien entendu, cela n’est pas garanti et nous pouvons retomber dans les travers des fonds d’investissement classiques.

Finalement, dans une optique d’investissement prudente, il est souvent préférable de choisir des trackers avec des encours importants, car grâce aux économies d’échelle, ceux-ci sont capables d’offrir des frais encore plus bas, en plus d'une liquidité renforcée.

Si vous souhaitez devenir un expert des trackers

Cette partie est plus technique, et peut vous intéresser si vous souhaitez comprendre plus en profondeur le monde des trackers.

Si vous comparez les performances de trackers ayant le même indice de référence sur une période donnée, il est très fréquent d’observer de minimes différences entre ceux-ci.

Pourtant, en théorie, tous les trackers devraient répliquer exactement les variations d’un même indice.

Par exemple, en prenant l’Euro Stoxx 50, qui reprend les 50 plus grosses valeurs d’Euronext, nous avons sur le site de Boursorama :

Palmares trackers etf

Mis à part le premier fonds qui est libellé en dollars et qui fonctionne différemment (aucun volume de transaction sur ce graphique), tous les trackers répliquent une variation positive d’environ 1,80%.

Ces différences s’expliquent généralement par des paramètres comme la nature de la réplication (physique ou synthétique), la retenue à la source des dividendes, les frais ou encore les plafonds de pondération des titres.

Ceci est tout à fait normal et ne doit pas vous inquiéter outre mesure, même si c’est à la capacité d’un tracker à "coller" à son indice que l’on juge de la qualité de celui-ci.

Nous touchons donc ici du doigt les deux notions suivantes : le tracking error et le tracking difference.

  • Tracking error : c’est la capacité du tracker à répliquer les variations de son indice. Par exemple, parce que les variations d’un indice se font en temps réel, il existe un délai (même très court) pour répliquer une variation, et le prix des actifs peut changer dans ce micro laps de temps. Le tracking error est donc une donnée importante pour les traders qui font des opérations sur des échelles de temps très courtes. A contrario, l’investisseur sur la durée sera plus sensible au tracking difference.
  • Tracking difference : c’est la différence entre le cours du tracker et son indice, sur une période donnée. Typiquement, à cause des frais, les performances d’un tracker sont généralement un peu inférieures à celui de l’indice. Si vous comparez un indice et son tracker, et que vous constatez une différence, celle-ci est donc normale. De plus, assurez-vous de comparer ce qui est comparable, c’est-à-dire en prenant soin de vérifier si l’indice et son tracker intègrent ou non le réinvestissement des dividendes.

Notez bien que pour ces deux notions, de nombreux autres paramètres techniques entrent en ligne de compte, mais que ceux-ci dépassent le cadre de cet article.

Enfin, sur ce point, retenez aussi que le cadre législatif impose que l’indice de référence soit toujours répliqué dans une fourchette de + ou - 1,50%, sous peine que le l’émetteur du tracker perde sa licence.

Le dernier point qui fait débat est la nature même des trackers, qui peuvent être physiques ou synthétiques.

  • Tracker physique : l’émetteur du tracker achète et vend l’actif de référence. L’investisseur détient donc une contrepartie physique de son placement, même si cela peut se concrétiser par des frais un peu plus élevés et un tracking error un peu plus important du fait de la complexité de la manoeuvre, elle-même dépendante de la complexité de l’actif à répliquer. (les trackers obligataires sont par exemple plus difficiles à répliquer que les trackers actions, du fait d’une moindre liquidité)
  • Tracker synthétique : moins cher et donc plus fiables dans leurs réplications, les trackers synthétiques sont élaborés à base de produits dérivés. Même s’il existe des contreparties, celles-ci ne sont pas aussi fortes que dans le cadre d’une réplication physique. La plupart des trackers européens sont synthétiques.

Alors, faut-il choisir un tracker physique ou synthétique ?

Le débat n’est pas tranché et nous apparaît presque secondaire, dans la mesure où si une crise systémique venait à voir le jour, il est impossible de prévoir les conséquences d’une telle crise et on peut légitimement douter de voir les trackers synthétiques “tomber” sans que cela ne soit également le cas pour les trackers physiques (faillite de l’émetteur par exemple), et plus généralement pour toutes les classes d’actifs !

Conclusion : le tracker est votre ami, mais pas exclusif !

Cet article est l’occasion de donner un coup de projecteur sur les trackers. Et cela n’est pas un luxe !

En effet, grâce à leurs frais très bas, leur simplicité d’utilisation et le fait que dans 80% des cas, les performances sont supérieures à celles des fonds d’investissement équivalents, c’est un instrument financier de premier plan que nous avons à notre disposition.

Malheureusement, en France, parce qu’il est généralement admis que notre culture financière est plus faible que celle des pays anglo-saxons, le succès des trackers est plus mesuré.

La volonté du secteur financier à conserver sescommissions est l'explication principale, d'autant plus que l’épargnant n’a que très rarement connaissance du montant exact de ceux-ci.

Par exemple, l’enveloppe fiscale préférée des Français, l’assurance vie, n’est pas exempt de tout reproche.

Rares en effet sont les contrats à proposer une offre correcte de trackers. Cette frilosité s’explique ici par le système des rétrocommissions : les fonds choisis par l’épargnant (que ce soit dans le cadre d’une gestion libre ou pilotée) vont reverser une partie de leurs frais à l’assureur, que celui-ci soit traditionnel (comme BNP Paribas) ou en ligne (comme Boursorama Banque). Or, il y a très peu de publicité à ce sujet !

Si vous recherchez des trackers en assurance vie, nous pouvons vous conseiller de jeter un oeil du côté de Linxea Avenir, qui possède une belle gamme.

Dans ces conditions, si vous avez un conseiller financier, n’hésitez pas à lui demander si les fonds recommandés performent mieux que des trackers équivalents, chiffres à l’appui.

Comme nous avons vu, pour un investissement de longue durée comme pour la retraite, les quelques pourcentages de rémunération gagnés peuvent valoir de l’or.

Bien entendu, les fonds d’investissement ne sont pas tous à jeter à la poubelle, et dans certains cas, leurs frais élevés sont tout à fait justifiés. C'est notamment le cas des fonds dédiés aux petites capitalisations. Parce que la liquidité est par définition beaucoup moindre, et la volatibilité potentiellement très brutale, les connaissances des gérants sont plus difficiles à reproduire.

Finalement, l’essentiel est comme toujours d’avoir une stratégie équilibrée, en prenant en compte les objectifs de performance par rapport à l'horizon d'investissement.

Or puisque tout le monde s'accorde à dire que payer moins cher pour un service équivalent ou meilleur est une évidence, les trackers méritent une attention particulière…

D’ailleurs, un signe qui ne trompe pas est que les professionnels de la finance sont généralement très friands de ce type de placement pour leurs finances personnelles !

Alors, avez-vous confiance dans votre stratégie ?

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