Le rachat de crédit : comment ça marche ?

GuideVos mensualités sont trop lourdes et vous vous sentez asphyxié financièrement ?

Vous avez de la chance, grâce au rachat de crédit, vous avez la solution miracle pour tous vos ennuis financiers… Chouette, n’est-ce pas ? Enfin, c’est le discours de nombreux organismes de crédits !

Donc, avant de lever les bras au ciel, lisez plutôt ce qui suit afin de comprendre les avantages mais aussi les inconvénients du rachat de crédit… Parce qu’un emprunteur averti en vaut deux !

1 Rachat de crédit : comment ça marche ?

comment marche le rachat de creditPrenons un exemple pour illustrer le fonctionnement d’un rachat de crédit : Mr Deschamps rembourse actuellement 3 crédits à la consommation (sur 2, 3 et 4 ans) et 1 crédit immobilier (sur 15 ans), pour un montant total mensuel de 2 800€. Suite à un imprévu, ce montant est devenu difficilement soutenable pour son budget et il décide alors de consulter son banquier pour un rachat de crédit. Après négociations, cette solution permet à Mr Deschamps de ne plus rembourser qu’un seul crédit, en remplacement de tous les anciens. De plus, la mensualité est très inférieure par rapport à avant : 1 500€ à la place de 2 800€. Par contre, la durée du nouveau crédit est quant-à-elle plus longue, sur 20 ans.

Le rachat de crédit est donc la possibilité, pour un emprunteur qui a du mal à faire face à ses engagements, de bénéficier d’un crédit unique, avec une mensualité souvent très réduite, mais en contrepartie d’une durée de remboursement plus longue, ce qui engendre au final dans la majorité des cas un coût total du crédit plus élevé, mais pas toujours.

Malheureusement, le message concernant l‘augmentation du coût total du crédit n’est pas très audible quand on compare les différents services, au contraire de la possibilité de “diminuer vos mensualités jusqu’à -60%“. Une question d’appâter le client peut-être…

Quoi qu’il en soit, si vous êtes en difficultés pour rembourser vos emprunts, le regroupement de crédit est une solution qui mérite d’être étudiée sérieusement !

2 Les avantages du rachat de crédit

En souscrivant un rachat de crédit, aussi appelé regroupement de crédit, l’emprunteur cherche à obtenir un ou plusieurs des avantages suivants :

  • Simplifier sa situation : une seule mensualité à une date fixe permet de faciliter la gestion du compte courant. Avec à la clef potentiellement des économies sur les agios bancaires… De plus, ne bénéficier que d’un seul interlocuteur pour l’ensemble de ses crédits permet un gain un temps et d’efficacité.
  • Diminuer son taux d’endettement : avec une mensualité fortement allégée, l’emprunteur peut à nouveau dégager des fonds pour ses projets. De plus, si cela n’est pas suffisant, grâce au taux d’endettement qui repasse sous la fameuse barre des 33%, la possibilité d’emprunter à nouveau existe, même si cette solution est à manier avec précaution.
  • Bénéficier d’un taux plus bas : le rachat de crédit peut parfois s’accompagner d’une baisse des taux. Typiquement, si vous avez souscrit un ou des crédits à des taux élevés, l’occasion est belle d’obtenir une diminution de ces taux, surtout si le marché a depuis évolué à la baisse. Par exemple, un crédit renouvelable (au taux souvent prohibitif) peut être remplacé par un prêt personnel (au taux plus convenable).
  • Réagir avant de rentrer en surendettement : dans certains cas, c’est une solution qui permet d’éloigner la perspective d’une procédure de surendettement, et donc de se donner du temps pour redresser la situation. Une nouvelle fois, à manier avec précaution, car l‘augmentation du coût total du crédit peut avoir l’effet inverse.
  • Diminuer le coût des assurances : avec un seul crédit, une seule assurance suffit. Cela paraît une évidence, mais au passage, le coût de la nouvelle assurance est presque toujours largement inférieur à celui de la somme des coûts des anciennes assurances.
  • Diminuer le coût total de ses crédits : c’est un cas beaucoup plus rare, mais la possibilité existe d’utiliser le rachat de crédit “à l’envers”. C’est-à-dire en augmentant ses mensualités tout en diminuant la durée de remboursement, afin de tirer vers le bas le coût total du crédit, et donc rembourser plus rapidement ses dettes à moindre coût.

Par rapport à tous ces avantages, le rachat de crédit est donc un outil intéressant ! Mais encore ne faut-il pas occulter ses inconvénients…

3 Les inconvénients du rachat de crédit

avantages rachats de creditAu premier rang des inconvénients d’un rachat de crédit vient l’augmentation du coût total. En effet, comme expliqué ici, plus la durée de remboursement d’un crédit est élevée et plus le coût total de ce crédit augmente. Pour expliquer cela rapidement, cela est dû au fait que les mensualités contiennent d’abord essentiellement des intérêts, au détriment du capital.

Pour remettre les choses dans leur contexte, en souscrivant un rachat de crédit, un emprunteur cherche essentiellement à se “remettre sur pieds” financièrement. Or, l’augmentation du coût total du crédit, même si elle diluée sur la durée, permet-elle une telle chose ? Les situations sont à voir au cas par cas. Le risque est de bénéficier d’un “bol d’air frais” dans un premier temps, mais au détriment de la situation financière de l’emprunteur sur le long terme. Sur ce point, rien n’est définitif, surtout si le rachat de crédit s’accompagne d’une baisse des taux, mais cette hypothèse ne peut être écartée.

Le 2ème inconvénient du rachat de crédit vient des frais. En effet, bien que souvent l’opération apparaît indolore du fait de l’incorporation des frais dans la proposition de rachat, ceux-ci sont pourtant bel et bien présents :

  • Indemnités de remboursement anticipé : dans le cas des crédits immobiliers ou des crédits à la consommation avec des montants importants, des frais sont pratiqués par les établissements qui “revendent” leur crédit.
  • Les frais de courtage : les établissements de courtage qui proposent du rachat de crédit sont innombrables. Ceux-ci pratiquent des frais qui peuvent s’élever jusqu’à 5% du montant du nouveau crédit.
  • Les frais de dossier : tout nouveau crédit engendre la plupart du temps des frais de dossier de la part de l’organisme prêteur
  • Les frais de garantie : le montant du nouveau crédit peut être adossé à des frais de garantie. Par exemple en cas d’hypothèque d’un bien immobilier ou en faisant appel à une société de cautionnement.

Le bilan de tous ces frais est que ceux-ci viennent amoindrir l’intérêt d’un rachat de crédit. Toutefois, il faut savoir que tant qu’un contrat de rachat n’est pas signé, l’emprunteur n’a aucun frais à avancer.

Par contre, si le contrat est signé, ceux-ci sont compris dans la proposition de rachat, ce qui fait qu’il n’est pas toujours évident de bien les isoler, bien qu’ils soient présents. A charge de l’emprunteur donc de ne pas se précipiter à la signature, mais au contraire chercher à négocier ces frais, quitte à faire jouer la concurrence.

4 Nos conseils d’utilisation

Souscrire un rachat de crédit doit être un acte réfléchi. Pour cela, il n’existe qu’une seule véritable : effectuer des simulations.

Sur la base des chiffres obtenus grâce aux simulations, deux cas de figure peuvent se présenter :

  • Le coût total du nouveau crédit est moindre que la somme des coûts des anciens crédits

Ce cas de figure n’est pas le plus fréquent, mais il existe. Pour en profiter, il faut avoir souscrit des crédits à des taux plus élevés que ceux actuellement disponibles sur le marché. Grâce à la renégociation des taux, l’emprunteur est gagnant sur toute la ligne : baisse des mensualités, augmentation de la durée mais avec une diminution du coût total. Banco !

  • Le coût total du nouveau crédit est supérieur à la somme des coûts des anciens crédits

De loin le cas le plus fréquent. La question est alors de savoir : “est-ce que je peux mettre à profit le bol d’air procuré par la baisse des mensualités pour assainir ma situation financière ?“. Ou en d’autres termes, “quel bénéfice je peux tirer de l’augmentation du coût du crédit ?“.

En effet, si à court terme les avantages du rachat de crédit sont évident, l’emprunteur doit garder à l’esprit qu’il n’améliore pas sa situation à long terme, et doit donc par conséquent s’y préparer.

Enfin, que vous vous placiez dans l’une ou l’autre de ces situations, les conseils suivants restent toujours vrais :

  • Si les courtiers en rachat de crédit sont légions et offrent un service très appréciable (la délégation des démarche), les frais du courtage ne sont pas pour autant à négliger. Par conséquent, s’entretenir directement avec sa banque permet d’économiser sur ses frais.
  • Banque ou courtier, l’emprunteur doit prendre le temps de comparer toutes les propositions. En effet, vu l’importance de l’enjeu, choisir la meilleure offre de rachat de crédit est une nécessité.
  • Demander une proposition de rachat est toujours gratuit, que ce soit auprès d’une banque ou d’un courtier. Profitez-en.
  • Très souvent, les propositions contiennent un nouveau crédit de trésorerie, par exemple 2 000€ pour vous aider à faire face à vos besoins immédiats. Alors que l’objectif de l’emprunteur est d’assainir sa situation financière, ce type de proposition ne va pas dans son sens. Au contraire, du point de vue de l’établissement qui transmet une telle proposition, il s’agit plutôt d’une “carotte” pour vous convaincre de souscrire le rachat. Attention donc !
  • Toujours dans l’objectif d’assainir vos finances, assurez-vous d’avoir la possibilité de procéder à des remboursements anticipés. C’est le seul moyen pour raccourcir la durée, et donc de diminuer le coût. Malheureusement, certaines propositions peuvent contenir des clauses comme des frais sur ces remboursements anticipés, voir même l’impossibilité de les effectuer… De telles clauses vont manifestement à l’encontre de vos intérêts, repérez les et agissez en conséquence.
  • Enfin, méfiez-vous des taux variables ! En effet, si ceux-ci apparaissent séduisants au premier abord, ils sont à proscrire sans aucune hésitation. Par définition, un rachat de crédit est un crédit de longue durée. Or, il est impossible de prévoir l’évolution d’un taux variable… Avec un taux variable, l’emprunteur a donc en réalité beaucoup plus à perdre qu’à gagner

Si vous lisez ces lignes, il se peut que vous soyez réellement intéressé par la possibilité d’un rachat de crédit.

Vous vous posez peut-être alors la question suivante : comment concrètement se déroule un rachat de crédit ? Cela tombe bien, c’est justement le sujet de la section suivante !

5 Concrètement, comment ça se passe ?

Voici le déroulement point par point d’une opération de rachat de crédit.

La demande consiste à approcher sa banque ou un courtier afin de démarrer une opération de rachat. Généralement, cette étape consiste à fournir des informations générales comme le nombre de crédits en cours, les revenus du foyer, si propriétaire ou locataire, etc…

  • Demande auprès de la banque : le rachat de crédit n’est pas forcément dans les attributions de votre conseiller bancaire. Toutefois, si ce produit n’est pas commercialisé par votre banque, votre conseiller sera certainement en mesure de vous rediriger vers une filiale spécialisée, ou tout du moins dans la bonne direction.
  • Demande auprès d’un courtier : aujourd’hui, cette demande se réalise principalement via Internet.

Sur la base des informations données précédemment, un conseiller apprécie la faisabilité de l’opération. Les critères les plus importants sont le taux de l’endettement avant et après le rachat de crédit envisagé.

Si l’opération s’avère rentable pour l’emprunteur, le dossier peut continuer et passer en phase de montage. Notez bien que les professionnels ont un devoir de conseil, mais qu’au bout du compte, pour qu’une opération soit véritablement réussie, c’est à l’emprunteur de connaître sa situation dans les moindres détails.

Nous rentrons ici dans le coeur de l’opération de rachat. Alors que l’analyse permet d’obtenir une idée de l’intérêt de l’opération, la question est maintenant de chiffrer précisément le coût total du nouveau crédit.

Pour cela, l’emprunteur doit au préalable fournir les pièces justificatives nécessaires selon le degré de complexité de l’opération.

  • Justificatifs d’identité : photocopies de cartes d’identité, livret de famille, contrats de mariage ou de divorce
  • Justificatifs de domicile : photocopies de moins de 3 mois de factures d’eau, électricité, gaz, internet, etc…
  • Justificatifs de revenus : les derniers bulletins de salaire, les justificatifs de pension, d’indemnité chômage, avis d’imposition, etc…
  • Le compte bancaire : les derniers relevés de tous les comptes courants de l’emprunteur
  • Les crédits en cours : les tableaux d’amortissements des prêts personnels, crédits renouvelables ou crédits immobilier
  • Justificatifs de dettes : dettes envers l’administration fiscale, votre employeur ou la famille, etc…
  • Justificatifs de logement : quittances de loyer, taxe d’habitation si vous êtes locataire ou titre de propriété et estimation du bien si vous êtes propriétaire, etc…

Comme vous pouvez le constater, les prêteurs demandent un maximum d’informations afin d’établir la solvabilité de l’emprunteur. Cette étape est d’autant plus cruciale que par définition, le rachat de crédit est une opération qui implique des montants importants. Il y va donc aussi bien de l’intérêt de l’emprunteur que de l’établissement de crédit.

Généralement, une fois ces éléments en main, la prochaine étape est la signature d’un mandat de recherche, document qui autorise l’établissement en charge du dossier à contacter les prestataires de crédit au nom de son client. Signer un mandat de recherche doit être un acte gratuit, et celui-ci doit inclure tous les frais potentiels en cas de réussite de l’opération.

La phase de montage consiste donc pour le professionnel à réaliser des simulations à l’euro près concernant le rachat des crédits en cours, tout en recherchant le nouveau crédit le moins cher selon les demandes de son client.

Idéalement, à ce stade de l’opération, vous avez entre les mains non pas une mais plusieurs offres fermes de rachat de crédit, car vous avez répété ce processus avec différents établissements.

Parmi les offres reçues, l’objectif est donc de choisir celle qui répond le mieux à vos besoins. Si naturellement, l’offre la moins cher est celle qui risque de retenir votre attention, c’est l’ensemble des paramètres du rachat de crédit qui doivent être étudiés : coût total mais aussi montant de la mensualité, durée de remboursement, frais en cas de remboursement anticipé, changement de banque, etc…

Pour ce faire, la durée légale de réflexion est de 14 jours : c’est-à-dire que vous ne pourrez pas accepter l’offre avant l’expiration de ce délai.

Dès l’acceptation finale de l’offre, la banque qui détient votre nouveau crédit se charge de rembourser tous les crédits existants.

Si le rachat de crédit est accompagné d’un nouveau crédit de trésorerie, alors le montant de celui-ci est aussi versé au même moment sur le compte courant de l’emprunteur.

D’une manière générale, entre la première étape et le versement des fonds, l’opération de rachat de crédit prend au minimum un mois.

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