Acheter et vendre

GuideA l’heure d’Internet, passer un ordre de bourse est d’une facilité déconcertante… Malgré tout, avant de rentrer dans l’arène, comprendre le fonctionnement des ordres d’achat et de vente reste un passage indispensable pour réaliser les bons choix, et ainsi éviter les très mauvaises surprises… Car le risque bel et bien présent !

Types d’ordres, carnet d’ordres, service de réglement différé, déroulement d’une séance de bourse : cet article est donc l’occasion de dévoiler le fonctionnement du coeur de métier du trader, à savoir acheter et vendre dans les meilleures conditions.

 

1 Une arme à géométrie variable : l’ordre de bourse !

Acheter et vendre des titres, c’est le métier, la passion ou le hobby de tout investisseur en actions.

Présent à ses côtés, le rôle du courtier (Cortal Consors, Binck, Fortuneo, etc…) est de transmettre les ordres à l’opérateur de bourse, par exemple Euronext dans le cas de la bourse de Paris.

Pour que l’opérateur puisse ensuite “servir” le courtier avec la quantité désirée de titres, par exemple un achat de 20 titres sur la valeur Air Liquide, des informations obligatoires doivent figurer sur cet ordre :

  • Le sens de la transaction : achat ou vente
  • La nature des titres : actions, obligations, warrants, etc…
  • Le code ISIN, qui est un code unique à chaque valeur, un peu comme un numéro de sécurité sociale
  • La quantité souhaitée à l’achat, ou proposée dans le cas d’un ordre de vente
  • La date d’expiration de l’ordre
  • Le système de règlement : au comptant ou au différé par l’intermédiaire du SRD
  • Enfin, le type d’ordre et le prix souhaité

Ainsi, dès réception de l’ordre, l’opérateur de marché a toutes les informations en main pour satisfaire la demande du courtier. Celui-ci achète ou vend pour le compte de ses clients, c’est-à-dire vous, en échange d’une commission sur chaque ordre transmis.

Or, pour donner un maximum de flexibilité à l’attention des investisseurs, il n’existe non pas un mais plusieurs types d’ordres. Les maîtriser, c’est donc autant de chances en plus d’ atteindre l’objectif désiré… Voici la revue complète des principaux ordres :

  • L’ordre à cours limité

C’est de loin le plus répandu. Choisir à un ordre à cours limité revient par exemple à dire « je souhaite acheter/vendre le titre BNP Paribas au cours maximum/minimum de 27€ ».
Ainsi, dès qu’une contrepartie au prix désiré est disponible dans le carnet d’ordre, document qui regroupe toutes les ordres d’achat et de vente, la transaction se réalise selon le principe du 1er arrivé, 1er servi.
En d’autres termes, avec l’ordre à cours limité, l’investisseur contrôle le prix de la transaction mais n’est pas sûr du moment de l’exécution, qui sera quant-à-lui déterminé par le marché. Si le cours du marché n’atteint jamais le prix désiré, l’ordre ne sera par conséquent jamais exécuté.

  • L’ordre au marché 

L’ordre au marché fonctionne comme un détonateur à manier avec précaution ! La mission de celui-ci est de rechercher la meilleure contrepartie pour l’opération en cours, que ce soit un achat ou une vente. Cela revient donc à dire « je souhaite acheter/vendre le titre BNP Paribas au cours du marché».

Prenons un exemple : le carnet d’ordre, c’est-à-dire le marché, indique que 100 actions BNP Paribas sont en vente à 30,10€ (meilleure offre), suivie de 100 actions à 30,20€, puis encore 100 actions à 30,30€, etc… Au même moment, vous souhaitez acquérir 250 actions BNP Paribas avec un ordre au marché.
Parce que ce type d’ordre recherche automatiquement la meilleure contrepartie en cours,
jusqu’à la complétion totale de l’ordre, vous recevrez très rapidement 100 actions à 30,10€, 100 actions à 30,20€ et les 50 dernières actions à 30,30€. Dans cet exemple, la meilleure offre en cours (celle à 30,10€) n’est pas suffisante pour couvrir la quantité désirée, ce qui explique que l’ordre recherche ensuite la 2ème meilleure offre (qui sera entretemps devenu la meilleure offre !), et ainsi de suite…

Sur le papier, l’ordre au marché a donc tout pour plaire ! Cependant, dans la pratique, le trader ne connaît pas toujours à l’avance le prix de la meilleure offre en cours, car cela implique de savoir en temps réel les autres transactions autour de la valeur désirée. Le trader doit être prêt pour anticiper ce risque.

Avec une valeur cotée en continu comme BNP Paribas, le risque d’une mauvaise surprise est infime : le volume de transaction à la seconde autour de cette valeur est tellement important que d’une seconde à l’autre, un écart de prix significatif est quasi-impossible !
Par contre, les choses se gâtent sur les valeurs les moins liquides, cotées par exemple sur le marché Alternext. Sur ce marché, les valeurs ne sont cotées que deux fois par jour à cause du faible volume de transactions. D’une cotation à une autre, les variations de cours sont alors souvent très fortes, par exemple 25% ou 50% !
Or, l’ordre au marché ne comprend pas ce genre de subtilité dans la mesure où il ne fait que rechercher la “meilleure” offre. Si celle-ci est farfelue, et donc pour de bonnes raisons en attente d’une contrepartie, le résultat avec un ordre au marché peut se révéler désastreux ! C’est ainsi que la meilleure offre n’est pas forcément synonyme de « bonne » offre.

Avant d’employer ce type d’ordre, le trader doit donc en avoir conscience !

  • Ordre à la meilleure limite

Cet ordre est très similaire à l’ordre au marché, à une différence près : l’ordre à la meilleure limite recherche le meilleur prix en cours, et si la contrepartie n’est pas disponible en quantité suffisante, alors au lieu d’aller “puiser” dans des offres moins intéressantes, l’ordre se contente uniquement de la meilleure limite.

Dans l’exemple précédent, si la meilleure offre du marché ne suffit pas à couvrir la transaction, ce qui est le cas avec seulement 100 actions BNP Paribas disponibles à 30,10€, l’ordre n’est donc que partiellement exécuté, à hauteur uniquement de ces 100 titres. Concernant les 150 titres restants, ceux-ci ne seront servis que si une nouvelle contrepartie au moins équivalente à la meilleure limite est mise sur le marché. Concrètement, si aucun investisseur ne souhaite plus vendre à 30,10€, alors les 150 titres non exécuté restent en « stand-by » jusqu’à la date d’expiration de l’ordre.

Comme pour son grand frère l’ordre au marché, l’offre à la meilleure limite n’est à manier que sur les marchés les plus liquides, afin d’éviter tout risque de mauvaise surprise.

  • Ordre à seuil de déclanchement

L’ordre à seuil de déclanchement s’exécute automatiquement dès que le cours d’une valeur atteint un seuil prédéfini, à la vente ou à l’achat. Avantage, le trader n’a donc pas besoin de rester le nez pendu toute la journée sur un écran pour contrôler un cours !

De plus, bien utilisé, c’est une aide à la prise de décision rationnelle. En effet, tous les investisseurs connaissent un jour des pertes, et un bon trader sait par exemple encaisser une perte, dans le but de rebondir ensuite en investissant dans un nouveau support. Le mauvais trader, quant-à-lui, garde toujours l’espoir d’un retournement de tendance, quitte à creuser encore plus la perte, ” juste au cas où”

Exemple d’utilisation de cet ordre : je possède 100 actions BNP Paribas qui cote en ce moment 32€. Je pense que l’action va augmenter à moyen terme, mais le risque est que si le cours passe à un moment donné sous la barre symbolique des 30€, alors un seuil psychologique va se briser, avec pour conséquence une baisse potentielle rapide du cours. Dans ce cas de figure, passer un ordre de vente avec un seuil de déclanchement à 29,99€ semble judicieux car si la barrière psychologique des 30€ est franchie, alors l’ordre de vente s’exécute automatiquement, de manière à limiter les pertes.

Le même raisonnement vaut aussi à l’achat : j’anticipe que Airbus (maison mère EADS) va remporter un contrat portant sur des centaines d’A380 avec une compagnie du Proche Orient, et la conclusion de l’accord devrait être annoncée rapidement. Si aujourd’hui l’action EADS cote 75€, je peux imaginer que sous l’effet d’annonce de la signature du contrat, le cours augmentera très rapidement. Dans ce cas, je me tiens prêt avec par exemple un ordre d’achat à seuil de déclanchement fixé à 77€, de manière à monter automatiquement “dans le bon wagon” quand le cours aura pris de la valeur en très peu de temps après l’annonce positive !

Dernière caractéristique et non des moindres, quand l’ordre est déclanché, c’est-à-dire transmis à l’opérateur de marché dès que le seuil est atteint, cet ordre est de type au marché. Par conséquent, le prix d’exécution sera égal ou très proche au seuil de déclanchement si l’ordre porte sur une action très liquide (BNP Paribas, EADS, etc…), et potentiellement très éloigné du seuil de déclanchement si la valeur est peu liquide.

  • Ordre à plage de déclanchement 

L’ordre à plage de déclanchement « rajoute une porte de sortie » d’une certaine manière ! En effet, par rapport à l’ordre à seuil de déclanchement, l’ordre qui est envoyé à l’opérateur n’est pas au marché, mais contient un prix maximum si la position est à l’achat, et un prix minimum si la position est à la vente. De quoi limiter les risques de mauvaises surprises, surtout sur les valeurs les moins liquides !
Dans le dernier exemple, imaginons un moment que le « marché se soit emballé ». Au lieu du risque encouru de payer un prix trop élevé pour l’action EADS avec un ordre au marché, l’ordre envoyé est maintenant de type à cours limité. Par exemple, je peux décider qu’au-dessus de 90€, le prix de l’action est devenu trop cher !

Pour cette caractéristique de contrôle du risque, c’est l’ordre idéal pour aller faire des emplettes sur les marchés moins liquides, à condition tout de même que l’investisseur connaisse le marché où il met les pieds !

Les 5 ordres de bourse vus jusqu’à présent sont à la portée de tous les traders à partir de l’immense majorité des courtiers en ligne. Cependant, certains courtiers peuvent avoir leurs caractéristiques propres, et ainsi proposer un choix de types d’ordres plus large ou plus restreint. De la même manière, les investisseurs institutionnels ont souvent accès à des outils de trading plus développés, avec par exemple des ordres dits « complexes » ou « intelligents ». Mais pas de panique, le choix du type d’ordre dépend seulement de la stratégie adoptée, et la majorité des ordres transmis chaque jour sont à cours limités.

2 Le carnet d’ordres, l’outil qui façonne les cours

Evoqué dans la partie précédente, le carnet d’ordres représente au cours d’une valeur ce que le journal intime représente à un individu, c’est-à-dire une mine d’informations à manier avec précaution ! La bonne nouvelle, c’est que nul besoin de faire les fonds de tiroirs, le carnet d’ordres est un outil en libre circulation.

Le carnet d’ordres est un fichier électronique géré par l’opérateur de la bourse de Paris, Euronext, et qui regroupe tous les ordres d’achat et de vente en attente par rapport à une valeur donnée. Il y a donc autant de carnets d’ordres que de valeurs cotées !

L’objectif d’Euronext est le suivant : faire en sorte que selon les ordres contenus dans le carnet, un maximum de transactions puisse être effectuées, ce qui déterminera le prix d’équilibre, en d’autres termes le cours de la valeur.
Voici par exemple à quoi ressemble le carnet d’ordres de l’action Renault, le 26 juillet 2012 à 17h28, tel que tiré du site Boursorama :

carnet d'ordre

Dans ce carnet d’ordres, on constate que la meilleure offre d’achat est à 33,515€ tandis que la meilleure offre de vente est à 33,530€. Ce sont des prix très proches et nul doute que les investisseurs s’entendront sur un prix commun.

Par contre, imaginons une situation théorique où aucun acheteur ne souhaite mettre le prix demandé par les vendeurs, par exemple pour une différence de 1€. A moins d’une augmentation du prix de la meilleure offre d’achat ou une baisse du prix de la meilleure offre de vente, aucune transaction ne sera alors exécutée, faute d’accord sur le prix !

A la fin de ce “bras de fer”, le prix d’entente est alors considéré comme le nouveau cours de la valeur, consultable par tous les investisseurs potentiels.

Pour être certain de recevoir les actions souhaitées dans le cadre d’un ordre à cours limité, il est donc nécessaire de fixer à la fois un prix suffisamment élevé et une quantité qui n’excède pas celle disponible, au risque de voir l’exécution de l’ordre fractionnée en plusieurs lots. Pour réduire ces effets, un rapide coup d’œil au carnet d’ordres est donc une bonne habitude à prendre. La solution « zéro tracas » mais très risquée consistant bien entendu à opter pour un ordre au marché !

Le cours de bourse à un instant précis est en fait une valeur théorique passée. En pratique, les prix d’achat ou de vente réellement appliqués sont déterminés par les lignes contenues dans le carnet d’ordres, sachant que les ordres ne sont pas tous traités de la même façon.

Le but du jeu pour le trader est donc de choisir le bon type d’ordre pour arriver « en haut de la pile » tout en obtenant le prix désiré.

Voici un tableau récapitulatif des forces et faiblesses de chaque type d’ordre, du plus au moins prioritaire.

Type d’ordre Avantages Inconvénients
Ordre au marché
  • Traité en priorité
  • Exécuté en entier, quitte à s’étendre sur plusieurs offres à des prix différents si besoin
  • Dépend du prix du marché, risque très acceptable quand la valeur est liquide, beaucoup moins quand ce n’est pas le cas
Ordre à la meilleure limite
  • Traité rapidement, juste après les ordres au marché
  • Le prix est un peu mieux maîtrisé qu’avec l’ordre au marché
  • Risque que l’ordre ne soit traité que partiellement, si la meilleure offre ne contient pas assez de titres
  • La sécurité sur le prix reste faible
Ordre à cours limité
  • Le contrôle du prix est total

 

  • Traité après les autres ordres
  • Risque que l’ordre soit traité partiellement

Pourquoi les ordres à déclanchement ne sont pas représentés ? Tout simplement parce quand déclanchés, l’ordre à seuil de déclanchement envoie un ordre au marché, tandis que l’ordre à plage de déclanchement envoie un ordre à cours limité.

Quelques remarques supplémentaires :

  • Les particuliers et les professionnels ne sont pas tout à fait logés à la même enseigne. Selon la qualité de l’information fournie par son courtier, le particulier a ainsi accès à une profondeur de seulement 5 ou 10 lignes dans le carnet d’ordres, tandis que les professionnels possèdent un accès intégral.
  • Le carnet d’ordres du professionnel est retranscrit aussi plus fidèlement la réalité car les ordres à seuil et plage de déclanchement sont représentés, contrairement aux carnets d’ordres destinés aux particuliers.
  • Ne trader que le carnet d’ordres est une méthode de trading en soi, c’est-à-dire que ces traders ne prennent que le carnet d’ordre en considération et aucune autre information ! En se concentrant sur une sélection de valeurs, les plus liquides de préférence, ces traders essaient de repérer des tendances pour réaliser ensuite un maximum de transactions.

Le carnet d’ordres et les différents types d’ordres existants fonctionnent donc réellement de pair, et sont à la base même de la fixation des cours. Des notions importantes pour tout investisseur !

Un autre élément qui participe au cours d’une valeur est le pas de cotation. Simplement expliqué, il s’agit de la plus petite variation possible de cours. Dans certains cas, l’incidence du pas de cotation peut être très importante.

Par exemple, si pour une valeur qui cote 250€, une variation de 0,01€ est anecdotique, ce n’est pas nécessairement le cas sur les plus petites valeurs. Au contraire ! Ainsi, si la valeur Eurotunnel augmente de 0,10€ à 0,11€, cette « petite » variation équivaut tout de même à 10% de son cours, ce qui peut être considéré comme énorme !

De ce fait, afin augmenter la liquidité du marché, c’est-à-dire le volume des transactions, ces petites valeurs, appelées les «penny stock » dans le jargon boursier, ont ainsi un pas de cotation de seulement 0,001€ , tandis que les autres valeurs ont généralement un pas de cotation 0,005€.

Enfin, il faut aussi savoir que les pas de cotation peuvent varier d’un marché à un autre ou d’une place boursière à une autre, sachant que la tendance est à la rendre toujours plus précise. La notion de pas de cotation n’est donc pas fondamentale pour commencer à trader, mais il est toujours intéressant de la comprendre.

3 Dans l’arène : le déroulement d’une séance sur Euronext Paris !

Le déroulement d’une séance de bourse est un rituel rythmé à la seconde près et qui impactent directement la plupart des acteurs en bourse.

Une bonne nouvelle pour commencer : si vous envisagez de devenir trader professionnel, vous conserverez vos weekends, la bourse de Paris n’ouvrant qu’en semaine, du lundi au vendredi de 9H00 à 17H40. Par contre, les jours fériés ne sont pas forcément légion : 1er de l’an, 1er mai, vendredi Saint, lundi de Pâques, jour de Noël et le lendemain de Noël, ce sont les seuls !

Le cœur du fonctionnement d’une séance de bourse est la cotation des valeurs, et notamment celle des actions. Or, toutes les actions sont loin d’être égales : la liquidité, où en d’autres termes le volume de transactions, est la variable qui permet de catégoriser les valeurs.

Par exemple, avec une moyenne de moins de 5 transactions chaque jour et une valeur nominale de plus de 4 000€, l’action Grand Marnier est un prototype de la valeur non liquide. A l’opposé, un titre comme celui de la Société Générale dépasse très facilement le million d’actions échangées chaque jour.

Pour cette raison, le déroulement d’une journée de bourse diffère selon les valeurs !

Heureusement, la simplicité est ici de mise : d’un côté, les valeurs liquides sont cotées en continu, tandis que de l’autre, les valeurs les moins liquides sont cotées à intervalles réguliers, le « fixing » en termes boursiers.

Voyons d’abord le déroulement d’une séance pour les valeurs cotées en continu.

Les valeurs liquides sont donc traitées de la manière suivante :

7H15 Préouverture Les ordres s’accumulent dans le carnet d’ordres, mais aucun ne peut être exécuté avant l’ouverture officielle. En général, l’activité est surtout concentrée dans les 5 dernières minutes de la préouverture.
9H00 Ouverture L’ouverture correspond à la fixation du prix d’équilibre, c’est-à-dire le prix qui permet d’exécuter le maximum de transactions. Nous sommes donc en présence d’un « fixing », c’est-à-dire l’accumulation d’ordres sur une période donnée avant d’ « accoucher » d’un cours.En cas d’évènements exceptionnels intervenants la nuit précédente ou le weekend, le cours à l’ouverture est susceptible d’être très différent par rarport à celui du dernier cours de clôture. Du fait de cette incertitude, il est généralement conseillé aux particuliers de “laisser passer l’ouverture” avant de commencer de trader, surtout avec des ordres de type au marché ! L’ouverture effectuée, chaque titre est ensuite coté en continu.
15H30 Ouverture à New York La bourse de New York ouvre à 15H30 heure française, évènement toujours très attendu. En effet, du fait de sa taille, la santé de la 1ère économie mondiale impacte toutes les bourses de la planète, et peut parfois expliquer un retournement de tendance à elle-seule.
17H30 Pré-fermeture Les ordres ne sont plus exécutés, mais les carnets d’ordres continuent de les recevoir. Sur le même principe que la préouverture, l’objectif est de trouver un « consensus » portant sur le prix qui permette de réaliser le plus de transactions.
17H35 Fermeture Le fixing de clôture indique le prix d’équilibre trouvé, en d’autres termes le cours de clôture.
17H40 Négociation au dernier cours Période de 5 minutes où il est encore possible de transmettre et d’exécuter des ordres, uniquement si ceux-ci sont à cours limité au prix de clôture et en l’existance d’une contrepartie. La séance est officiellement close à 17H40.

Les titres qui ne sont pas assez liquides pour faire partie de la cotation en continu font l’objet de 2 « fixings » par jour :

7H15 Préouverture Les ordres sont transmis mais non exécutés.
10H30 Fixing d’ouverture Fixation du prix qui permet le maximum de transactions à partir des ordres contenus dans le carnet.
30 minutes suivantes Achat / vente au derniers cours Pendant cette période, il est possible de passer un ordre d’achat / vente à cours limité au prix tel que défini par le fixing d’ouverture. Bien entendu, les ordres ne sont exécutés qu’en présence d’une contrepartie.
11H00 Pré-fermeture A nouveau, les ordres sont transmis mais non exécutés
16H00 Fixing de fermeture Fixation du prix qui permet le maximum de transactions à partir des ordres contenus dans le carnet.
30 minutes suivantes Achat / vente au derniers cours Pendant cette période, il est possible de passer un ordre d’achat / vente à cours limité au prix tel que défini par le fixing de fermeture. Bien entendu, les ordres ne sont exécutés qu’en présence d’une contrepartie. La clôture officielle a donc lieue à 16H30.

Pour un investisseur habitué à la cotation en continu, passer au fixing implique des règles du jeu différentes. Pour éviter des mauvaises surprises, les ordres à cours limités sont donc très recommandés.

En bourse peut-être plus qu’ailleurs, il n’est pas rare de voir se succéder des phases d’euphories et de paniques.

Conséquence immédiate ? Afin d’aider les investisseurs à « faire un break » et garder les pieds sur terre, des règles ont été mises en place pour suspendre automatiquement  la cotation d’une valeur, en cas de dépassements de limites de cours théoriques.

Pour y arriver, cela suppose d’abord de définir un cours de référence. Celui-ci est donc le dernier cours connu : soit celui de clôture quand la bourse ouvre le matin, ou soit celui d’ouverture quand la hausse/baisse subite du cours de la valeur intervient en pleine journée.

C’est donc par rapport à ce cours de référence que si un écart de 10% à la hausse ou à la baisse est constaté, alors la cotation de la valeur est automatiquement suspendue. Cette suspension dure 5 minutes pour les valeurs cotées en continu, et jusqu’au prochain fixing pour les autres valeurs.

Pendant la suspension de la cotation, le carnet d’ordre continue de recevoir des ordres, mais ne les exécute pas. A la fin de la suspension, la cotation reprend si une valeur d’équilibre est trouvée, sachant que celle-ci devra être comprise dans la limite -10% / + 10% par rapport au cours de référence. C’est là tout le principe d’une phase de réservation, à la hausse ou à la baisse.

De plus, à côté de ces limites dites « statiques », d’autres limites fonctionnent sur un principe similaire, celles appelées « dynamiques ». Appliquées uniquement aux valeurs cotées en continu, elles correspondent à -2% / +2% par rapport à la dernière cotation « successive ».

Au bout du compte, l’objectif de ces limites est de faire « retomber la pression » pendant les grosses variations de cours, afin d’éviter un emballement incontrôlable du marché.

4 Le règlement : comptant ou en différé avec le SRD

Quand un investisseur achète des actions, plusieurs choix s’offrent à lui : les payer au prix comptant dès l’exécution de la transaction, cas le plus fréquent, ou bien utiliser le système de règlement différé, le SRD, pour payer à une date ultérieure.

Si acheter des actions au comptant ne soulève pas de questions particulières – juste s’assurer que le compte-titre ou PEA est suffisamment créditeur pour couvrir la transaction – SRD quant-à-lui mérite un certain éclairage !

Du point de vue de l’investisseur, le système de règlement différé est à considérer comme une option.

Fait important, si tous les courtiers proposent le SRD, cette option n’est jamais activée automatiquement à l’ouverture d’un compte-titre. Les risques potentiels d’une mauvaise utilisation en sont la cause.

De plus, dans de nombreux cas, l’activation du SRD doit même faire l’objet d’une demande manuelle de la part du client. Le contexte est donc posé : le SRD n’est pas à mettre entre toutes les mains !

En fait, le SRD sert à acheter des titres à crédit. Sont concernées par le SRD que les valeurs très liquides, c’est-à-dire celles qui appartiennet à l’indice SBF 120 ou ayant une capitalisation boursière supérieure à 1 milliard d’euros, et dont les échanges quotidiens sont supérieurs à 1 million d’euros. Au total, c’est donc à peu près 150 titres qui peuvent être ainsi achetés à crédit par les investisseurs adeptes du SRD.

Au moment de passer un ordre, l’investisseur coche donc la case SRD pour que le prix d’achat des actions ne soit donc non pas débité immédiatement, mais au dernier jour du mois boursier, qui porte le doux nom de jour de la liquidation.

En pratique, 4 scénarios se présente donc au trader à l’arrivée de ce jour :

  • Conserver les titres en s’acquittant du coût normal de la transaction
  • Si les titres ont déjà été revendus et qu’une plus-value a été dégagée, celle-ci est alors créditée sur le compte
  • Si les titres ont déjà été revendus et qu’une moins-value a été dégagée, le compte est alors débité du montant de celle-ci
  • Continuer l’opération de crédit, c’est-à-dire conserver les titres mais toujours sans les régler

En échange du crédit consenti, il va toutefois sans dire que les courtiers facturent des intérêts pour chaque jour d’emprunt. Ceux-ci varient d’un courtier à un autre, et sont par exemple de l’ordre de 0,023% du montant de la position et par jour avec Binck.

Mais ce n’est pas tout ! Après l’explication de ce que représente un mois boursier, nous verrons pourquoi le SRD cache une arme de gros calibre…

Un mois boursier débute le jour de la 4ème séance boursière avant la fin du mois calendaire, et se termine par conséquent à la 5ème séance précédant la fin du mois calendaire.
Par exemple, le mois boursier correspondant à Octobre 2012 démarre le 25 Septembre et se termine le 26 Octobre.

Dénommé jour de la liquidation, le dernier jour du mois boursier sert essentiellement au règlement des actions achetées par l’intermédiaire du SRD.

Les investisseurs qui utilisent le SRD ont tout intérêt à être au fait des mois boursiers, pour plusieurs raisons :

  • Chaque jour de bourse est facturé individuellement
  • Le jour de liquidation peut avoir impact important sur la performance globale du portefeuille
  • Si un crédit est prolongé au jour de liquidation, des frais spéciaux dits de prorogation sont alors prélevés

L’énigme du mois boursier étant ainsi résolue, passons maintenant à l’explication de la fameuse « arme » que contient le SRD, dénommée l’effet de levier…

Imaginons un investisseur qui détienne 10 000€ sur son compte titre, uniquement sous forme de liquidité. Quelle somme peut-il investir par exemple que dans l’achat d’actions LVMH ?

En toute logique, la réponse est l’équivalent de 10 000€ en actions LVMH. Mais en cas d’activation de l’effet de levier du SRD, la prise position peut en fait être bien plus importante ! Le corollaire est donc la possibilité de gagner plus, mais aussi de perdre plus.

Dans ce cas précis, au lieu et place de 10 000€, la réponse est en fait jusqu’à 50 000€ pouvant être investis dans l’achat des actions LVMH. En effet, l’effet de levier est calculé selon la nature des actifs que détient l’investisseur dans son portefeuille, selon le tableau suivant :

Catégorie d’actif Effet de levier
Liquidités ou OPCVM monétaires Jusqu’à 5
Obligations ou OPCVM composées d’obligations Jusqu’à 4
Actions ou OPCVM composées d’actions Jusqu’à 2,5

Dans notre exemple, les 10 000€ de liquidité permettent donc une prise de position allant jusqu’ à 50 000€. Ainsi, au jour de la liquidation, les résultats obtenus sont amplifiés par l’utilisation de l’effet de levier, pour le meilleur et pour le pire :

  • Le titre a gagné 10% : à la place d’un bénéfice de 1 000€ (10% de 10 000€), le gain est alors de 5 000€ (10% de 50 000€). Une opération rondement menée !
  • Le titre a perdu 10% : à la place d’une perte de 1 000€ (10% de 10 000€), celle-ci s’élève à 5 000€ (10% de 50 000€). Le solde du compte n’est donc plus que de 5 000€…

Le SRD est donc un outil très intéressant pour l’investisseur ou le spéculateur, mais qui demande beaucoup de précautions dans son maniement. Nombre de débutants ont ainsi fait l’amère expérience de la perte totale d’un portefeuille suite à l’usage de l’effet de levier.

Faire des plus-values quand la bourse monte, c’est bien, mais réaliser des plus-values quand la bourse est aussi orientée à la baisse, cette idée ne manque pas de charme non plus !

Pas très naturelle au 1er abord, cette idée a guidé les financiers à inventer le système de vente à découvert (VAD), afin de profiter de la baisse du cours des actions.

Explication : avec la vente à découvert, l’investisseur vend des actions qu’il ne possède pas (en fait, il les emprunte à son courtier) en anticipant une baisse du cours à venir. Si celle-ci se concrétise, l’investisseur peut racheter les actions à moindre prix pour d’une certaine manière les “rendre” à son courtier, le tout en réalisant au passage une plus-value. Bien entendu, la hausse du cours aurait alors l’effet inverse…

La vente à découvert étant une des composantes du SRD, le règlement des plus-values ou des moins-values s’effectue donc au jour de la liquidation, exactement dans les mêmes conditions.

Petite particularité, la vente à découvert est un outil qui n’a pas souvent bonne presse car accusé d’alimenter la baisse des cours de façon artificielle en cas de tempête boursière. C’est un reproche partiellement vrai, même s’il est statistiquement difficile à prouver avec certitude, comme des études ont montré.  En pratique, la vente à découvert peut ainsi être temporairement désactivée quand le cours d’une action est en chute libre.
Malgré tout, certaines sociétés qui appartiennent au SRD, comme Lagardère, Nestlé ou Michelin parmi les plus connues, ont fait le choix de refuser la vente à découvert sur leur titre, se privant ainsi d’un apport de liquidité.

5 Conclusion

Aussi simpliste que pouvait apparaître le titre de cet article, acheter et vendre, nous avons vu qu’il n’en était rien !

En fait, plus que de complexité, ces 2 actes très naturels en environnement boursier regorgent de subtilités. Par exemple, passer un ordre au marché en phase de préouverture de la bourse n’est pas nécessairement une bonne idée ! De plus, pour peu que l’effet de levier ait été enclanché, et la vision initiale de long-terme de l’investisseur risque d’être sérieusement impactée par le court-terme…

Encore une fois, c’est à chaque investisseur qu’est dévolu de connaître avec précision la raison de sa présence en bourse, grâce à la fixation de ses objectifs initiaux. Ces mêmes subtilités deviennent par exemple presque négligeables quand l’objectif est de construire un portefeuille sur le long-terme, par l’intermédiaire disons de fonds de placement. Où vous situez-vous ?

Si vous vous rapprochez grandement de vos premiers pas en bourse, ne manquez pas par exemple notre article consacré aux frais boursiers, ou consultez directement nos derniers conseils avant de se lancer !

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