Le compte joint

GuidePlébiscité par les couples mais pas uniquement, le compte joint rime avec flexibilité, contrôle du budget et dernière valeur à ne pas sous-estimer, communication !
Car en effet, bien que se faciliter la vie constitue la première motivation à l’ouverture, ses caractéristiques de fonctionnement requièrent néanmoins la plus grande attention… La flexibilité peut parfois coûter cher ! Pour une utilisation sereine du compte joint, Nextbanq récapitule donc les règles.

1 Pourquoi utiliser un compte joint ?

A partir du moment où un couple décide de vivre ensemble, la question des dépenses communes ne met jamais très longtemps avant de se poser. Pour schématiser, le choix se résume souvent à :

  • Tenir une comptabilité séparée, et mettre en place un mécanisme de « chambre des compensations » pour toutes les dépenses effectuées dans le mois
  • Verser en début de mois un montant fixe proportionnel aux revenus de chacun dans une cagnotte commune

Sans grande surprise, les Français ont opté massivement pour la deuxième solution puisque d’après l’INSEE, 82% des couples actifs (avec au moins une activité professionnelle) et formés depuis plus d’un an possèdent un compte joint !

Pourtant, si le gain de temps et d’efficacité n’est contesté par personne, les caractéristiques du compte joint méritent d’être connues dès l’ouverture, afin d’anticiper les risques associés…

2 Les points clefs

Le compte joint, ou compte commun, peut être défini comme un ensemble de règles strictes. Les voici réunies :

  • Accessibilité : contrairement aux idées reçues, nul besoin d’être marié, ou même d’être en couple, pour ouvrir un compte joint. De plus, jusqu’à 13 cotitulaires ont la possibilité de souscrire. Toutes les combinaisons sont donc possibles !
  • Flexibilité : trois modes de fonctionnement, ou « libellés », sont disponibles pour répondre aux besoins d’utilisation, du plus flexible au plus restrictif, en passant par le sur-mesure. Plus d’informations dans la prochaine section.
  • Solidarité passive : la banque considère qu’en cas de découvert, la responsabilité de chaque cotitulaire est engagée exactement de la même manière, et cela indépendamment du « degré de faute » individuel. Cette caractéristique est essentielle, puisqu’en cas de pénalité appliquée au compte joint, comme l’interdiction d’émettre des chèques, le risque est de voir celle-ci étendue aux comptes courants individuels de tous les cotitulaires.
    Toutefois, pour diminuer ce risque potentiel, un cotitulaire peut se désigner comme unique responsable et endosser seul les conséquences (au moment de l’ouverture ou plus tard par avenant au contrat).
  • Solidarité active : si les cotitulaires sont solidaires par défaut sur les dettes, c’est le cas également pour l’argent au crédit du compte. Mis à part un cas particulier que nous verrons plus bas, chaque cotitulaire dispose ainsi librement de la totalité des fonds, et cela indépendamment de l’origine de ceux-ci. 
  • Désolidarisation à tout moment : pour une raison X ou Y, chaque cotitulaire garde la possibilité de « sortir du compte joint » à tout moment, c’est-à-dire se désolidariser du compte dans le jargon bancaire. Dans un tel cas, le cotitulaire sortant ne reste responsable que des dettes contractées avant la date de désolidarisation. Pour que la désolidarisation prenne effet, le cotitulaire doit simplement envoyer un courrier avec accusé de réception à la banque.
  • Procédure de fermeture rigoureuse : pour une clôture en bonne et due forme, les signatures de chaque cotitulaire sont indispensables.
  • En cas de décès : le compte joint continue de fonctionner normalement pour les cotitulaires survivants, ce qui dans ces circonstances difficiles se révèle souvent être une aide précieuse.
    Cependant, dans le cadre de la procédure de succession, les sommes contenues sur le compte sont présumées détenues à part égales entre les cotitulaires à la date du décès, sauf s’il est prouvé qu’un cotitulaire est l’unique contributeur. Enfin, les héritiers ont la possibilité de demander à la banque ou à un juge le blocage du compte, en cas de doutes sur les intentions du cotitulaire survivant.

En plus de ces caractéristiques intrinsèques, le cadre d’utilisation du compte commun reste encore à être défini. La décision la plus stratégique !

3 Un mode de fonctionnement à choisir parmi trois

Le choix du mode de fonctionnement, appelé aussi le « libellé » ou encore l’ « intitulé », s’effectue au moment de l’ouverture du compte et constitue l’étape qui va décider des restrictions autour de l’usage du compte. Le choix devra donc être murement réfléchi par tous les cotitulaires !

  • Le libellé « Monsieur OU Madame » : c’est de très loin le plus répandu. En fait, ce libellé fonctionne sur le principe des signatures séparées, c’est-à-dire que chaque cotitulaire dispose indépendamment du compte comme s’il en était l’unique propriétaire.
    Seule restriction à ce principe, les changements d’ordre légaux comme par exemples une procuration ou la fermeture requièrent la signature de tous les titulaires.
  • Le libellé « Monsieur ET Madame » : les signatures de tous les cotitulaires sont ici indispensables pour chaque opération courante. Par conséquent très peu flexible, seulement une minorité de Français ont opté pour ce mode de fonctionnement. En contrepartie, aucun des cotitulaires ne peut « vider le compte » de son propre gré.
  • Le libellé « Monsieur ET / OU Madame » : extrêmement rare, ce libellé implique que  la convention de compte comporte les opérations pour lesquelles la signature conjointe est nécessaire, et celles où une simple signature suffit.

Face à l’écrasante majorité de comptes ouverts sur le modèle des signatures séparées, c’est-à-dire Monsieur OU Madame, il n’est pas rare que des banques ne proposent que ce type de compte joint.

4 A ne pas oublier : résumé des risques potentiels

Pour un couple, la décision de souscrire un compte joint est souvent perçue comme un marqueur important de la relation, car d’un point de vue purement financier, c’est un acte qui matérialise la relation et la confiance dans l’avenir. Malheureusement, les exemples de couples qui se déchirent en utilisant tous les moyens de pression à dispositions, comme le compte joint, ne sont pas rares…

Voici donc les principaux risques liés à l’utilisation d’un compte commun :

  • Le découvert : un cotitulaire a abusé de dépenses et ne peut pas renflouer le compte dans l’immédiat ? Attention au découvert non autorisé qui constitue la 1ère étape vers l’interdit bancaire. Tous les cotitulaires sont donc concernés sans distinctions.
  • Le compte vidé : avec la solidarité active, chaque conjoint garde la possibilité de retirer à tout instant la totalité des fonds du compte.
  • L’interdit bancaire : si un incident de paiement se transforme en interdit bancaire, cette sanction est étendue à tous les comptes individuels.

Mis à part d’opter pour un libellé avec signature commune, mais qui réduit très sensiblement les avantages du compte joint, aucune solution miracle ne peut vraiment être préconisée dans la mesure où ces risques découlent d’un non-respect du « pacte de bonne conduite » initial.

Néanmoins, si l’objectif est une mutualisation efficace des dépenses, alors le meilleur conseil est sûrement d’alimenter le compte mensuellement au plus juste, en fonction des revenus de chacun, de manière à limiter au maximum l’ « exposition au risque ».

5 Le compte joint en ligne : des arguments à faire valoir !

Dans ce guide de la banque sur Internet, la question du compte joint en ligne doit bien entendue être abordée…

Et à n’en pas douter, en plus de leurs qualités intrinsèques, les banques en ligne constituent une solution qui mérite d’être étudiée par tous, et pour plusieurs raisons :

  • Des offres de bienvenue 2 fois plus généreuses : carte bancaire gratuite ou une prime en argent, la plupart du temps les offres de bienvenue sont étendues au porteur de la deuxième carte.
  • Une flexibilité à toutes épreuves : avec des horaires d’ouverture étendus, il est plus facile de joindre un conseiller le matin, le soir, ou le samedi, en plus de l’autonomie intrasèque déjà plus grande.
  • Des outils de gestion de budget performants : depuis quelques années, les meilleures banques en ligne proposent gratuitement des outils pour catégoriser automatiquement les dépenses et les revenus, sous formes graphiques.
    Par exemple, un plein à la station-service payé avec une des cartes du compte joint sera alors automatiquement comptabilisé dans le poste de dépense « essence », tandis qu’un graphique tracera l’évolution de ce poste dans le temps, et proportionnellement face aux autres dépenses (eau, électricité, supermarchés, etc…).
  • Facilité d’ouverture : la présence de tous les cotitulaires n’est pas requise pour faire une demande d’ouverture en ligne.

Pour vous aider à choisir la banque la plus adaptée, le comparatif interactif de Nextbanq recense toutes les informations essentielles banque par banque, aussi bien pour un compte individuel que pour un compte joint. De plus, si vous n’êtes pas sûr d’avoir le profil pour un compte en ligne, cet article récapitule les avantages et les inconvénients de cette façon d’envisager la banque.

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