Les fonds en euros

GuideSupport financier le plus populaire en France en termes de dépôts, loin devant le Livret A, le fonds en euros des assurances vie ne demeure pas moins un placement mal connu ! La faute certainement à un mode de fonctionnement pas toujours très simple…
Il n’empêche, avec autant d’avantages à son actif, notamment en termes de sécurité, c’est sans surprise que les fonds en euros collectent près de 80% des sommes déposées dans les assurances vie… Résultat : aujourd’hui, aucun épargnant sérieux ne peut faire l’économie d’un bon fonds en euros et Nextbanq vous accompagne dans cette démarche.

1 Devenir incollable sur les fonds en euros

Fonds en eurosEn investissant dans le fonds en euros d’une assurance vie, l’épargnant confie son argent à un regroupement de professionnels de la finance dont la mission est de faire fructifier les sommes collectées en investissant sur les marchés financiers.
Ce qui fait la particularité d’un fonds en euros par rapport aux autres produits financiers est son mode de fonctionnement : celui-ci est en effet basé sur la sécurité.

Une à une, nous allons passer en revue toutes ses caractéristiques, pour que vous puissiez choisir le fonds en euros qui correspond à vos attentes !

D’abord, pourquoi ce nom, fonds en euros ?

Commençons par le début ! Cette appellation a été donnée en opposition aux fonds en unités de compte. A l’inverse de ces fonds qui nécessitent d’acheter des parts (par exemple chaque part vaut 100€, et celles-ci peuvent varier à la hausse ou à la baisse à la manière d’une action), dans un fonds en euros le capital de l’épargnant est libellé en… euros. Ainsi, ne tombez pas dans le piège : un fonds en euros ne se définit pas comme un fonds investi dans la devise euro, mais bien comme un fonds où l’unité de compte est en fait l’euro. Cela n’a rien à voir !

Quelle est la composition d’un fonds en euros ?

Comme nous avons vu précédemment, l’objectif d’un fonds en euros est la sécurité. Par conséquent, les placements avec des niveaux de risque les plus bas sont privilégiés : obligations et immobilier notamment. Mais cela ne veut pas dire que des placements plus risqués sont prohibés. En fait, des actions ou des produits structurés sont aussi inclus dans la composition des fonds en euros, dans le but de doper la performance. Au bout du compte, tout est question de proportions. Ainsi, un fonds en euros est typiquement investi à plus de 80% en obligations pour limiter les risques.
Enfin, une dernière variable est présente dans la constitution d’un fonds, la trésorerie. Pour être réactif sur les marchés et se tenir prêt à investir dans toutes les circonstances, les gérants de fonds peuvent ainsi puiser dans celle-ci, en général équivalente à 5% du montant du fonds.

Qu’est-ce qui rend un fonds en euros performant ?

C’est la composition du fonds en euros, et surtout son évolution au long de l’année qui permet d’obtenir sa rémunération finale. En filigrane, ce sont donc les qualités d’investisseur des gérants de fonds qui sont primées : savoir se désengager à un moment donné d’un actif, pour aller chercher plus de performance dans un autre actif. Au quotidien, le rôle du gérant est donc de jongler entre la recherche de performance pure, en achetant et vendant des actifs, et de nombreuses contraintes pour assurer la sécurité des placements.

Le gérant d’un fonds peut-il faire ce qu’il veut ?

La réponse est bien sûr non ! Sans rentrer trop dans les détails, voici les principales règles que doivent respecter les gérants de fonds :

  • Assurer la pérennité du fonds, en investissant la grande majorité du portefeuille sur ce que l’on appelle des produits de taux, c’est-à-dire des placements qui offrent des rémunérations certaines à intervalles réguliers. Au premier rang des produits de taux, nous trouvons donc les obligations.
  • Faire en sorte que tous les épargnants puissent retirer leur argent quand ils le souhaitent. Une part importante du portefeuille doit être investie dans des actifs suffisamment liquides, pour que les épargnants puissent disposer de leur argent rapidement, sans remettre en cause la stratégie globale du portefeuille.
  • La stratégie interne du fonds : par exemple, si un fonds en euros décide de se démarquer avec une large part investie dans l’immobilier, le gérant de fonds ne peut pas dévier de cette stratégie.

Ainsi, une large partie des activité des fonds en euros est contrôlé par un organisme d’état, l’ACP (Autorité de Contrôle Prudentiel), dans le but donc de garantir la sécurité des capitaux des épargnants.

La performance d’un fonds en euros réserve bien des surprises !

On pourrait naturellement croire que la rémunération versée aux épargnants d’un fonds en euros correspond exactement à la performance réalisée dans l’année… Par exemple 4% de rémunération versée si la performance réalisée est de 4%. Or, s’il existe bien une part de vérité dans ces propos, la réalité est plus nuancée !

Pour comprendre ce que touchera réellement un épargnant, procédons par étapes :

  • Etape 1 : le Taux Minimum Garanti
    Pour bien comprendre la rémunération d’un fonds, intéressons à une notion fondamentale, celle du Taux Minimum Garanti (TMG). Répondant à une équation complexe entre performances passées, contexte économique et contexte légal, les assureurs fixent généralement en début d’année un TMG pour l’année en cours. En d’autres termes, quelle que soit la performance réalisée, les épargnants connaissent à l’avance leur rémunération minimum. Par exemple, le TMG peut être fixé à 2% alors que la performance réalisée sera de 4%.
    Pour les assureurs, il s’agit à la fois de ne pas fixer un TMG trop élevé car si la performance escomptée n’est pas atteinte, la différence devra être payée de leurs poches, et à la fois pas trop bas car les épargnants sont à la recherche des contrats avec les TMG les plus élevés possibles, le risque étant donc de perdre des clients.
  • Etape 2 : la Participation aux Bénéfices
    Dans la pratique, et sauf cas exceptionnels, les performances réalisées sont fort heureusement supérieures aux TMGs. Dans ce cas de figure, les gérants des fonds versent donc un supplément de rémunération aux épargnants, qui prend donc le nom de participation aux bénéfices, appelée parfois aussi participation aux résultats. Par exemple, si un épargnant perçoit une rémunération de 3%, celle-ci peut être constituée pour 1% du TMG et de 2% de la participation aux bénéfices.
  • Etape 3 : la Provision pour Participation aux Excédents
    Toujours dans la pratique, la participation aux bénéfices est rarement entièrement reversée aux épargnants. En général, la réversion de celle-ci s’élève entre 85% et 100% de la performance réalisée, mais varie souvent d’un fonds à un autre. Mais où vont alors les 15% restant ? Dans la Provision pour Participation aux Excédents (PPE), pardi ! Plus sérieusement, il s’agit en fait d’une réserve constituée au fil des années, et qui sert à lisser les rendements d’une année sur l’autre. Pour simplifier, les bonnes années, les assureurs vont mettre de côté de l’argent qui pourra être reversé plus tard en cas de mauvaise performance du fonds. Dans le jargon, on effectue alors une dotation ou une reprise de PPE.
  • Etape 4 : les frais de gestion.
    Les rémunérations versées par les assureurs sont toujours nettes de frais de gestion, c’est-à-dire que ceux-ci sont prélevés à la source.
    Les frais de gestion sont appliqués sur le total des sommes gérées, intérêts compris et s’élèvent la plupart du temps entre 0,50% et 1%. Prenons l’exemple d’ un encours de 1 000€ , d’une performance brute de 5% et de frais de gestion de 1% : les 5% de rémunération vont être appliqués sur un capital de 1050€, et non sur les 1 000€ initiaux. Etant donné que 1% de 1050% équivaut à 10,50€, l’épargnant va donc toucher 1 050 – 10,50 = 1 039,50€.
    Conséquence ? Aux yeux de l’épargnant et de son capital initial de 1 000€, la rémunération versée nette de frais de gestion est de 3,95%, alors que la performance réalisée est de 5%… Les frais de gestion se ressentent donc durement sur la rémunération.
  • Etape 5 : les prélèvements sociaux
    Enfin, le dernier élément à prendre en compte est la fiscalité. En effet, alors que les prélèvements sociaux étaient auparavant prélevés au moment des retraits, ceux-ci sont maintenant prélevés au moment du versement des intérêts. Par exemple, si vous avez généré 1 000€ d’intérêts une fois passé les frais de gestion, 15,5% au titre des prélèvements sociaux (depuis le 1er Juillet 2012) seront retranchés de vos intérêts qui s’élèveront finalement à 845€.

Cela fait quelques étapes ! Voici la formule à retenir concernant la rémunération nette d’un fonds en euros :

Rémunération Nette = TMG + Participation aux Bénéfices + Eventuelle dotation de PPE – Frais de gestion

Notez bien que les prélèvements sociaux n’apparaissent pas dans cette équation. En effet, les assureurs estiment à raison que la fiscalité n’étant pas de leur ressort, les prélèvements sociaux n’ont donc pas à apparaître dans le calcul. Toutefois, l’épargnant bien informé connaît leur existence !

rémunération

Enfin, sachez aussi qu’un phénomène intéressant et qui a lieu tous les ans au mois de Janvier découle directement de ce mode de fonctionnement… Il s’agit du ballet des annonces des performances nettes réalisées l’année précédente ! En effet, même si les gérants connaissent dès le 1er Janvier la performance brute passée, ceux-ci doivent encore décider quelle sera la participation aux bénéfices, et d’une éventuelle dotation/reprise de PPE. Cette phase prend généralement quelques semaines car elle correspond à une décision hautement stratégique à l’échelle du fonds. Le résultat est que tous les jours du mois de Janvier, les assureurs annoncent tours à tours leurs performances, et que celles-ci sont bien évidemment scrutées par les épargnants et plus généralement par tous les acteurs du monde de l’épargne.

Le versement de la rémunération, attention au piège !

Maintenant que vous êtes à l’aise avec les notions de Taux Minimum Garanti et de Participations aux Bénéfices, intéressons-nous au versement de la rémunération en elle-même, car il y a des choses à dire !

  • Point 1 : le Taux Minimum Garanti

Quand un contrat annonce un Taux Minimum Garanti (ce qui n’est pas toujours le cas, car certains fonds en euros recherchent la performance plus que d’autres et prennent plus de risques, et par conséquent ne s’engagent sur aucun TMG), cette rémunération étant garantie quoi qu’il arrive, celle-ci est versé quotidiennement. Par exemple, avec un TMG de 2,50%, la rémunération journalière est de 2,50% / 365 du montant du placement.

  • Point 2 : la Participation aux Bénéfices

C’est ici que les choses se corsent ! La participation aux bénéfices étant versée en une seule fois en début d’année, les assurés qui rachètent entièrement leur contrat avant le versement de la prime en sont privés. Un rachat total s’explique soit par la volonté de l’épargnant, soit à cause de son décès.
Dans ces conditions, pour un épargnant qui aurait impérativement besoin des fonds disons au mois de Novembre, il sera nettement préférable pour lui de laisser le minimum nécessaire (souvent 100€) afin de pouvoir toucher la participation aux bénéfices le jour venu.

Zéro risque, vraiment ?

Le point fort des fonds en euros est que contrairement à nombre de placements financiers, celui-ci est absolument sans risques. Cette affirmation, très largement répandue, n’est pourtant vraie qu’à 99%.

Même infime, un risque de perte du capital est bien présent. Prenons par exemple le cas d’un fonds en euros incapable d’obtenir une performance en ligne avec le TMG.

Dans ces conditions, c’est dans les fonds propres de l’assureur que le complément entre la performance obtenue et le TMG est puisé.

Sauf que si ce genre de contreperformances se répète, le risque est que l’assureur ne possède plus suffisamment de fonds propres et se déclare par conséquent en faillite.

Si la faillite d’un assureur devait arriver, évènement extrêmement rare, voici ce qui se passerait :

  • La revente du portefeuille de l’assureur, afin de rembourser une part des capitaux des clients
  • La potentielle reprise des contrats par d’autres assureurs, sous la supervision de l’ACP, l’Autorité de Contrôle Prudentiel
  • L’indemnisation jusqu’à un plafond de garantie fixé à 70 000€, par le Fonds de Garantie des Assurés contre la Défaillance de Sociétés d’Assurances de Personnes. A noter que le plafond de garantie est calculé à partir du montant de tous vos contrats, et ne s’applique donc pas par contrat.

A ce stade de l’article, il y a fort à parier que vous en connaissez bien plus sur le fonctionnement des fonds en euros que la plupart des adhérents à un fonds ! Mais attention, si vous envisagez de souscrire à un fonds, quelques conseils ne sont jamais de trop.

2 Conseils pour choisir un fonds en euros

Comment choisir un fonds en eurosAvec des centaines de fonds en euros sur le marché qui souhaitent accueillir vos économies, dénicher le meilleur fonds en euros correspondant à vos attentes n’est pas toujours une chose aisée. Avant d’aller faire un tour sur notre classement des meilleures assurances vie, Nextbanq vous propose donc ces quelques conseils.

Conseil 1 : la réputation et l’ancienneté, des valeurs qui comptent

De la même manière que les marques allemandes ont la réputation de produire des voitures de qualité ou que vous ne souhaitez pas spécialement être le premier à tester un médicament, le marché de l’assurance vie comporte des valeurs sûres, où les notions de réputation et d’ancienneté se rejoignent d’ailleurs souvent. Pêle-mêle, voici quelques noms : Altaprofits, AXA, Carac, Allianz, Generali, Afer ou Société Générale.
Attention cependant ! Si les noms reconnus permettent à l’épargnant de dormir tranquille concernant la sécurité de ses avoirs, ceux-là ne sont pas forcément synonymes de meilleures performances. Il ne s’agit donc que d’une variable à prendre en considération.

Conseil 2 : comparer les performances

L’objectif de placer une somme dans un fonds en euros est bien évidemment d’obtenir un gain financier récurrent, et le plus élevé possible. Comparer les performances s’avère donc crucial, mais avant de foncer sur la meilleure performance affichée l’année dernière, n’oubliez pas :

  • Les performances passées ne préjugent en rien des performances futures
  • Une excellente performance sur une année peut être le fruit du hasard, d’une participation aux bénéfices plus importante ou d’une dotation de PPE
  • Plus important que la performance sur une année est donc la performance sur plusieurs années, où les résultats sont plus lissés, et donc plus représentatifs de la qualité des dirigeants du fonds
  • Parfois plus que la qualité des gérants, c’est la composition même du fonds qui peut expliquer des bons résultats par rapport à la concurrence

Malheureusement, si tous les fonds communiquent bien entendu sur leurs performances, il est parfois très difficile de les replacer dans leurs contextes, la faute à un manque de transparence sur leurs activités.

Conseil 3 : faites la chasse aux frais

Les frais viennent directement empiéter sur la performance d’un contrat, à défaut de les éliminer, il s’agit donc de les réduire au maximum :

  • Frais sur les versements : d’un montant moyen d’environ 3% dans les contrats traditionnels, de tel frais impliquent que l’épargnant retrouve son capital initial au bout d’une année d’investissement. En d’autres termes, une année pour rien… Fort heureusement, Internet est venu changer la donne avec des contrats en ligne ne prélevant aucun frais sur les versements.
  • Frais de gestion : compris entre 0,50% et 1,00% des sommes placées, ces montants n’apparaissent peut-être pas pour tout le monde très élevés, surtout que les fonds communiquent toujours sur leurs performances nettes de ces frais. En réalité, ces frais sont pourtant ceux à surveiller en premier.
    En effet, prélevés annuellement et sachant que l’horizon d’investissement d’une assurance vie est généralement de 8 ans, des frais de 1% par an impliquent qu’au bout de ces 8 années, le coût total de ces frais représente environ 10% de l’encours total de l’assurance vie. Loin d’être négligeable !
Conseil 4 : ne vous jetez pas corps et âme à la vue d’une offre promotionnelle !

Taux minimums garantis revus à la hausse ou primes de bienvenue, la lutte entre les assureurs pour capter de nouveaux clients est intense et se joue parfois sur ces marques d’attentions. Pourtant, aussi intéressantes soient-elles, celles-ci ne doivent pas devenir l’arbre qui cache le désert !
Dans la totalité des cas, les performances passées du fonds et les frais associés sont des critères bien plus importants, sur lesquels l’épargnant doit se montrer intraitable. Le contrat en vue correspond à vos besoins et en plus propose un bonus ? Prenez alors le temps de lire les petites lignes… En effet, ces offres sont pratiquement toujours associées à des conditions, comme par exemple investir un certain montant en parallèle dans des fonds en unités de compte, plus rémunérateurs pour les compagnies qui distribuent ces contrats.
Si ces conditions sont en adéquation avec votre stratégie d’investissement, félicitations, vous avez certainement le contrat qu’il vous faut. Si ce n’est pas le cas, n’hésitez pas à prolonger vos recherches ou simplement à vous passer de l’offre de bienvenue !

3 Conclusion

Quelle que soit votre stratégie d’investissement, le fonds en euros est une composante essentielle de toute assurance vie, sinon la plus importante.

La décision d’investir dans un fonds doit être mûrement réfléchie car une fois engagé, il est malheureusement impossible de transférer son capital dans un fonds concurrent tout en gardant les avantages accumulés, à savoir principalement l’ancienneté du contrat et la fiscalité avantageuse qui va avec.

De plus, si l’offre de fonds en euros est très importante, la transparence associée à ce marché n’est pas toujours au rendez-vous, les gérants de fonds gardant jalousement un tas d’informations sur la manière dont ces fonds sont gérés.

Mais quoi qu’il en soit, cela ne doit pas empêcher l’épargnant qui à la lumière des informations disponibles (performances passées, frais sur les versements, frais de gestion, composition du fonds dans certains cas) a les cartes nécessaires en main pour choisir un fonds en euros performant pour son épargnant.

Le conseil de Nextbanq est de regarder du côté des fonds en euros accessibles en ligne, car ceux-ci présentent l’avantage de proposer de très bonnes rémunérations depuis de nombreuses années, tout en étant nettement moins chers au niveau des frais. Enfin, concernant la sécurité de ces contrats, celle-ci est excellente du fait que l’assureur de la plupart des contrats en ligne (Boursorama, ING Direct, Monabanq) est un acteur largement reconnu de l’assurance vie avec pour nom Generali.

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